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Le Forum économique mondial fait la promotion du blockchain, registre virtuel de transactions

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Le site du Forum économique mondial publiait mercredi une tribune faisant l’éloge de la technologie du blockchain, actuellement désigné par l’expression « chaîne de blocs » en français : il s’agit d’un registre virtuel, dans le cloud, qui permet selon ses promoteurs de sécuriser et de faciliter de manière inédite les transactions bancaires et commerciales. Cette technologie est utilisée aujourd’hui par le système des bitcoins. Une vraie révolution, assure l’auteur : cela fait un peu plus d’un an que le blockchain fait son entrée dans un domaine plus vaste, et que les sites professionnels et des ambassades en parlent.
 
L’article sur le site weforum.org voit dans la technologie du blockchain une réponse possible aux difficultés qui se présentent actuellement dans les échanges internationaux. La crise des migrants et la multiplication des attentats ont eu pour effet de faire accroître les contrôles aux frontières, pesant sur les prix des biens de consommation alors que l’inspection des marchandises augmente les coûts et les temps de transport, et compliquant les échanges de toutes sortes, y compris bancaires, regrette l’article.
 

Le blockchain a la faveur du Forum économique mondial

 
Le blockchain, assurent les deux auteurs – spécialistes, au forum économique mondial, des chaînes d’approvisionnement mais aussi de « l’innovation disruptive » dans le monde de la finance – permet de vérifier plus facilement les marchandises et de faciliter la transmission de documents. Ceux-ci ne peuvent y être dupliqués, manipulés ou falsifiés, facilitant le « traçage » des biens et promouvant la confiance qui grâce au blockchain, nous dit-on, atteindra des niveaux inédits. Tout cela sans papier, et en permettant de s’assurer de l’authenticité des documents et des produits.
 
« Grâce au blockchain, on pourra fournir toutes sortes d’informations légales, financières ou relatives aux produits, permettant même au plus méfiant de faire des affaires sans souci. Avec un peu plus d’investissement et d’expérimentation, le blockchain pourrait permettre de cacher des informations confidentielles dans l’intérêt des partenaires : l’information sur les prix, par exemple », soulignent les auteurs.
 
La première transaction blockchain dans le domaine des échanges de biens et de la finance a eu lieu en septembre 2016, selon Barclays. Cela a permis de garantir l’échange d’une cargaison de près de de 100.000 dollars de fromage et de beurre entre la coopérative agricole irlandaise Ornua et la Seychelles Trading Company. Entre l’émission et l’approbation de la lettre de crédit, un processus qui prend habituellement entre 7 et 10 jours, le nouveau système permet de passer à moins de quatre heures.
 
D’autres banques sont en train de mettre en place ces registres virtuels selon des protocoles propres.
 

Le blockchain, registre virtuel transactions, conserve tout dans le cloud

 
L’armateur Maersk, le plus gros transporteur de conteneurs au monde, travaille actuellement sur la digitalisation de ses inventaires de fret avec l’université de Copenhague. A l’heure actuelle les connaissements maritimes mobilisent des quantités de papier énormes : une cargaison de roses envoyée du Kenya à Rotterdam peut s’accompagner d’une pile de papiers de 25 cm de haut, souligne l’article des libre-échangistes de Davos.
 
Accessoirement, et cela, il ne le disent pas, l’importation de fleurs au pays des fleurs depuis le bout du monde est en train de mettre les producteurs de roses néerlandais historiques sur la paille…
 
En dématérialisant cette paperasse, les bénéfices ne se comptent pas seulement en temps et en papier. Blockchain permet une transparence et une visibilité totale de toutes les étapes où l’acheteur peut suivre pas à pas sa cargaison depuis le départ jusqu’à la réception. Le système peut se combiner également avec l’internet des objets, assurant par exemple le respect des conditions de transport des objets fragiles, comme la bonne conservation de médicaments qui doivent être maintenus à l’intérieur une certaine fourchette de température pour demeurer actifs.
 

Blockchain : la technologie du bitcoin appliqué aux productions et transactions

 
En fait, il s’agit d’un système de surveillance absolument sans précédent puisque la technologie blockchain permet de tout mettre au jour, qu’il s’agisse de l’identité de l’acheteur du vendeur que la nature du produit et le chemin que celui-ci aura parcouru. Les experts de Davos y voient un moyen d’écarter de la chaîne de circulation, à l’initiative des consommateurs ou de leurs organismes de protection, les biens ou les partenaires jugés inacceptables. Cela peut aussi intéresser les pouvoirs publics, cela va sans dire, certes, mais les auteurs ne le disent pas. Dans une société de surveillance, c’est un outil de plus pour Big Brother, particulièrement efficace. Et nul ne pourra acheter ni vendre s’il ne possède la marque…
 
Les documents enregistrés grâce au blockchain permettront en effet d’absolument tout tracer : la provenance des matières premières, les conditions de production, la distribution des objets finis, leur maintenance, la réparation et les éventuels rappels, sans oublier le recyclage, conditions de bonne citoyenneté. C’est une véritable mémoire digitale des produits connectés à des dispositifs « intelligents » qui les suivront tout au long de leur existence. Tout pourra être consigné, depuis les procédures de fabrication jusqu’au respect des contrôles qualité et la conformité aux lois et règlements applicables. De la labellisation au passage de douane, rien ne sera laissé au hasard. Cela permettra, nous dit-on, de fortes économies dans l’ordre de la vérification et un meilleur contrôle aux frontières, tout en permettant la protection et l’information des consommateurs.
 
Mais c’est aussi la porte ouverte à de nouvelles formes d’abus. Et à une déshumanisation accélérée : on parle déjà d’un nouveau modèle économique, l’économie « machine à machine » (M2M) salué pour sa capacité à faciliter « l’échange global des biens » qui est toujours l’objectif affiché du Forum économique mondial.
 

Anne Dolhein