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Rapport sur les crimes de guerre à Gaza : mille manifestants pro-Israël devant l’ONU

Rapport sur les crimes de guerre à Gaza : mille manifestants pro-Israël devant l'ONU
 
Plus d’un millier de personnes ont manifesté, lundi, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, pour exiger de lui un « traitement équitable » d’Israël et la fin de son « obsession » contre l’État juif. Était visé le récent rapport accusant groupes armés palestiniens et israéliens – mais surtout israéliens – d’avoir commis des « crimes de guerre » lors du conflit à Gaza à l’été 2014. Un rapport dont la session d’étude a été, lundi, boycottée par Israël, mais aussi, cette fois-ci, par les États-Unis, à rebours de leur politique moins anti-palestinienne de ces derniers mois. Israël s’arcboute sur ses frontières, dans ce Moyen-Orient au lendemain non défini…
 

Un millier de manifestants contre le rapport de l’ONU sur les crimes de guerre à Gaza

 
Plus de 80 organisations non gouvernementales, venues d’une douzaine de pays, avaient appelé à manifester à Genève, pour dénoncer le « rapport partial et honteux » de la commission d’enquête à Gaza. « Nous défendons les droits de l’homme, nous défendons Israël ! » Pour un colonel israélien, c’est clair, « le Conseil des droits de l’homme est une arme dans l’arsenal du Hamas ».
 
Israël, de son côté, a tout simplement boycotté la session du Conseil des droits de l’homme qui devait, lundi, examiner le rapport. Un rapport qui acceptait des chiffres douloureusement élevés pour les pertes civiles palestiniennes et qui était donc, selon Israël, largement « biaisé ».
 
Le représentant israélien auprès de l’ONU à Genève, Eviatar Manor, a jugé le Conseil des droits de l’Homme « entièrement politisé »… Il a critiqué un organe partial qui a adopté 61 résolutions contre Israël et seulement 55 résolutions condamnant d’autres pays, a organisé sept sessions spéciales consacrées à l’État hébreu sur 17, créé six commissions d’enquête concernant Israël, soit autant que sur tous les autres pays. Ce même lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait dit à une réunion à huis clos qu’il envisagerait de quitter le Conseil.
 

Les États-Unis boycottent aussi la réunion de l’ONU, en soutien à Israël

 
Pourtant le rapport est sans ambages : « Les informations recueillies mettent en évidence de graves violations du droit humanitaire international et des droits de l’homme par Israël et par les groupes armés palestiniens, qui dans certains cas constituent des crimes de guerre » a déclaré la présidente de la commission d’enquête. En soulignant que « les parties devraient coopérer pleinement avec l’examen préliminaire de la Cour pénale internationale et avec toute enquête ultérieure qui pourrait être ouverte ». Les Palestiniens ont soumis, eux, dès jeudi, un premier dossier de documents à la CPI en vue de la convaincre d’ouvrir une enquête…
 
Fait surprenant : alors que l’administration Obama avait annoncé à la mi-mars la révision de son soutien diplomatique à Israël, les États-Unis ont eux boycotté de concert la réunion onusienne. Selon l’ambassadeur américain Keith Harper, les États-Unis jugent que cette question manque de « légitimité » et « s’opposent avec fermeté à l’existence de ce point 7 dans l’agenda et aux résolutions du Conseil qui l’accompagnent ». Petit clin d’œil à Israël : si tu es coopérant, je ne te lâche pas complètement…
 

Israël se recroqueville et érige des murs sur terre et sur mer

 
De fait, Israël est sous une certaine pression occidentale. Elle vient d’ailleurs d’accepter de libérer, dimanche, le prisonnier palestinien Khader Adnane qui entamait son cinquante-sixième jour de grève de la faim. Membre du mouvement du Jihad islamique de la Palestine en Cisjordanie, il protestait contre son arrestation illégale et sans inculpation – Tel Aviv a promis de le libérer le 12 juillet.
 
Tout en même temps, le pays s’arcboute sur ses frontières. Lundi, Israël a frappé les esprits en interceptant – ce qu’ils ont déjà fait de multiples fois et pas toujours sans heurts – un des navires du convoi étranger la « Flottille de la liberté III », qui transportait des militants pro-palestiniens et qui tentait d’atteindre la bande de Gaza malgré le blocus. Pendant que les ONG blâmaient un « nouvel acte de piraterie », le gouvernement expulsait manu militari, dès le lendemain, l’ex-président tunisien Moncef Marzouki et la députée européenne Ana Miranda qui s’y trouvaient… Le territoire palestinien dirigé par le Hamas doit demeurer inaccessible.
 
De l’autre côté, celui de la terre ferme, c’est un autre mur qu’Israël a aussi annoncé, hier,vouloir construire, sur proposition du Premier ministre Benjamin Netanyahou : un mur de béton et de barbelés qui l’isolerait, sur 30 kilomètres, de la Jordanie. Une « barrière de sécurité », la quatrième érigée par l’État hébreu pour empêcher l’entrée de migrants clandestins ou de terroristes, qui fait écho à celle érigée à la frontière avec l’Égypte.
 

Et reconnaît qu’elle aide… les rebelles syriens

 
Mais ces terroristes, Israël a aussi une autre façon de s’en accommoder, son ministre de la Défense vient de l’avouer officiellement hier : depuis 2011, le pays apporte une aide « humanitaire » aux rebelles syriens (sans distinguo donc apriori entre rebelles modérés et djihadistes). Il a ajouté que cette aide ne persisterait qu’à la condition que les groupes terroristes n’approchent pas de la clôture de sécurité sur le Golan et qu’ils ne touchent pas à la minorité druze de Syrie (minorité qui existe aussi en Israël).
 
Cette deuxième partie du chantage n’étant sans doute survenue qu’en raison de la colère des Druzes qui accusaient l’État hébreu « de soigner ces combattants rebelles et de les renvoyer là-bas pour qu’ils recommencent à tuer »… Et Israël ne veut ni qu’on touche à ses frontières, ni qu’une de ses communautés ne se mette en colère.
 

Clémentine Jallais