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Google prend le parti de la censure, en Occident comme en Chine, confirme le document interne “The Good Censor”

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Depuis l’élection de Donald Trump, la montée de l’AfD, de la Ligue ou du Fidesz, le vieux principe américain de liberté d’expression sur internet n’a plus de raison d’être aux yeux du techno-socialisme planétaire. C’est Google qui l’a écrit, dans un document qui vient d’être révélé par Breitbart. La censure d’internet, déjà bien entamée, prend un tournant décisif vers un meilleur des mondes digital qui obligera bientôt les esprits libres à en revenir aux samizdats de l’époque communiste.
 
Un document de 85 pages intitulé « The Good Censor » (Le bon censeur), conseille aux entreprises d’internet de « réguler le ton plutôt que les contenus », en évitant de « montrer un parti pris » lorsqu’elles censurent leurs utilisateurs. Le document reconnaît que les plateformes, parmi lesquelles Google et ses sous-produits, pratiquent déjà une censure croissante loin de la tradition américaine de libre parole. Google a jargouiné qu’il ne s’agissait « que » d’un document interne de recherche.
 

La censure ? Google peut « évoluer avec son époque »

 
Reste que l’étude – sophistiquée, impliquant un nombre impressionnant de collaborateurs extérieurs – est singulièrement alarmante. Elle envisage ouvertement le principe de la censure, affirmant que Google peut « évoluer avec son époque ». Reconnaissant que « réorienter (les contenus) de façon aveugle ou silencieuse dans une direction ou une autre déclenche immédiatement la fureur des usagers », elle en déduit le besoin de « transparence ». Glisser la main de fer dans un gant de velours : la méthode n’a rien de surprenant quand on sait les confessions déjà anciennes de dirigeants de Google affirmant leur détermination à faire que l’élection de Trump ou la montée du mouvement populiste ne fussent « qu’un détail de l’histoire ».
 
« The Good Censor » part de la constatation gourmande que Google et quelques autres méga-plateformes « contrôlent désormais la majorité des conversations en ligne » et « s’orientent vers une censure » en réponse à des événements survenus de par le monde, citant en premier lieu l’émergence de l’AfD en Allemagne. Pour le géant, l’idéal de liberté de l’internet originel est devenu « un récit utopique » qui a été « sapé » par de récents « événements » comme par « les mauvais comportements » des utilisateurs. Le syllogisme est pervers, qui consiste à faire porter la responsabilité de la censure non sur le dogmatisme gauchiste et nihiliste de ces entreprises multimilliardaires mais sur les victimes de leur censure !
 

« The Good Censor » ose poser les géants de l’internet comme des victimes

 
L’argumentaire développé dans « The Good Censor » ose poser les géants de l’internet comme de pauvres victimes, affirmant qu’ils sont écartelés entre deux positions incompatibles, « le marché spontané des idées » et « des espaces ordonnés de sécurité et de civilité ». Dans la novlangue, la sécurité est celle de l’oligarchie globaliste, et la civilité (opposée par Google à la démocratie !) le moyen de la faire respecter, y compris par la force.
 
Tout aussi grave, le document qualifie les plateformes « d’éditeurs », opérant ainsi un glissement sémantique majeur puisque jusqu’ici les géants de l’internet se qualifiaient de « plateformes neutres », c’est-à-dire de simples transmetteurs. Imaginons un opérateur téléphonique contrôlant les conversations échangées entre ses abonnés ! En fait, la censure par Google et ses acolytes revient pour eux à s’arroger un droit de police, jusqu’ici strictement encadré par la loi dans les pays dits démocratiques. Aux Etats-Unis, la neutralité du statut des plateformes internet est garantie par la section 230 du Communication Decency Act.
 

Google tente de parer aux retours de bâtons de sa censure

 
Le document de Google tente de répondre au retour de bâton consécutif à toute censure. En 2016, l’accusation, portée par le candidat Donald Trump, selon laquelle Google tentait de supprimer des résultats négatifs sur Hillary Clinton, avait ébranlé la forteresse de la Silicon Valley. Google s’était justifié en affirmant supprimer les suggestions négatives sur tout le monde, pas seulement sur Mme Clinton. Mais un chercheur, le Dr Robert Epstein, avait prouvé que les résultats des recherches effectuées sur Google favorisaient alors ouvertement la candidate démocrate.
 
« The Good Censor » relève aussi, toute honte bue, que les entreprises de l’internet devront censurer leurs plateformes pour être aptes « à se développer globalement ». Google est ainsi en train de concevoir un moteur de recherche pour avoir accès au « marché chinois », c’est-à-dire obtenir le blanc-seing de la dictature communiste aux millions de prisonniers politiques ou religieux. Ce moteur de recherche Google spécial Chine censurera les sites et les mots-clés qui déplaisent à la dictature. Pire, il brisera tout anonymat, liant les recherches au numéro de téléphone de l’utilisateur. C’est probablement ainsi que Google conçoit « un espace ordonné de sécurité et de civilité ».
 

Le moteur de recherche Spécial Chine de Google a suscité une levée de boucliers

 
Voici deux ans, les salariés de Google avaient applaudi leur direction pour avoir pris « une position très courageuse» contre la Chine. Mais l’appât du gain a eu raison des bonnes intentions. Ce projet de moteur de recherche a suscité une levée de boucliers au Congrès, dans les associations et même chez des salariés de Google. Un scientifique de haut niveau a démissionné « pour éviter de collaborer à l’affaiblissement de la protection des dissidents ». Le vice-président Mike Pence a mis en garde contre un projet « qui durcira la censure du parti communiste et compromettra l’intimité des consommateurs chinois ».
 
En décembre 2017, Google a aussi annoncé le lancement d’un centre de recherche sur l’intelligence artificielle en Chine, alors que la compagnie a refusé de travailler avec le gouvernement américain sur le sujet. Mais pour Google, la Chine « est le marché le plus prometteur au monde à ce jour ». La seule réponse consiste à se tourner vers les services d’un autre moteur de recherche…
 

Matthieu Lenoir