fbpx

La nouvelle société de Google, « Sidewalk Labs » : la ville de demain… où pas grand-chose ne lui échappera

La nouvelle société de Google, « Sidewalk Labs » : la ville de demain... où pas grand-chose ne lui échappera
 
Le géant de la Silicon Valley l’a annoncé mercredi : son dernier bébé s’appelle Sidewalk Labs. On est toujours curieux des nouvelles élucubrations googleliennes, qui nous indiquent un peu le sens du vent de ce monde. Cette nouvelle société veut s’attaquer aux problèmes spécifiques à la vie dans les grandes villes. Environnement, transport, logement… la start-up investit le marché très prometteur des « smart cities » (« villes intelligentes ») et des objets connectés. Le réseau, virtuel, investirait le réel pour de bon…
 

Une technologie Google « à mi-chemin des mondes physique et numérique »

 
« On peut probablement penser à une tonne de manières dont on aimerait améliorer sa ville: des logements plus confortables, de meilleurs transports publics, moins de pollution, davantage de parcs et d’espaces verts, des pistes cyclables plus sûres, un trajet pour le travail plus court… » énumère le directeur général de Google, Larry Page.
 
Google peut vous aider ! Forcément il a toujours réponse à tout…
 
La nouvelle société « se concentrera sur l’amélioration de la vie urbaine pour tous, en développant et en servant d’incubateur pour des technologies urbaines pour s’attaquer à des problèmes comme le coût de la vie, l’efficacité des transports et la consommation d’énergie » ajoute-t-il. Elle en sait déjà beaucoup, sa matrice étant une formidable détentrice d’informations… sur tout et, surtout, sur tout le monde, via nos cheminements virtuels individuels.
 

Sidewalk Labs :« une activité éloignée du cœur de métier de Google » ? Pas tant que ça…

 
Larry Page évoque « un investissement relativement modeste », mais qu’est-ce que « modeste », pour Google ? A plus forte raison quand il s’agit d’avenir et de marché… D’ailleurs, il compare aussitôt volontiers Sidewalk Labs à Google X, la division du groupe qui travaille sur ses projets futuristes et à Calico, une de ses branches consacrée aux biotechnologies qui mène des recherches sur la santé et le vieillissement et est financée par Google à hauteur de 240 millions de dollars (bientôt 490 millions)… En passant, c’est le transhumaniste Ray Kurzweil qui y officie.
 
Sidewalk Labs sera dirigée par Dan Doctoroff, ancien directeur général de l’agence d’informations Bloomberg, en charge du développement économique et de la reconstruction à la mairie de New York.
 
« Nous sommes au début d’une transformation historique dans les villes. À une époque où les préoccupations au sujet de l’équité en milieu urbain, les coûts, la santé et l’environnement s’intensifient, une évolution technologique sans précédent va permettre aux villes d’être plus efficaces, réactives, flexibles et résistantes ». Selon une étude de Frost and Sullivan parue en 2013, le marché des « villes intelligentes » représentera 1.500 milliards de dollars en 2020… Google se positionne.
 

Peur sur la ville ?

 
Comme il se positionne sur le marché des objets connectés (des caméras aux réfrigérateurs). On estime le nombre total d’objets connectés dans le monde d’ici 2020 à 50 milliards, pour un marché évalué à 7.000 milliards de dollars pour 2020 et 19.000 milliards de dollars pour 2025. Sachant que 40% des connections sont localisées en Asie, contre moins de 30% en Europe et moins de 20% en Amérique du Nord.
 
Comme il se positionne sur les voitures autonomes : dans les prochaines semaines, son prototype va commencer à arpenter les rues de Mountain View, en plein cœur de la Silicon Valley. Il peut désormais rouler sur la voie publique. « En 2035, les voitures sans conducteur représenteront 9 % de la flotte mondiale. Et presque 100 % en 2050 », prédit un des directeurs de recherche.
 
Ultra-protégés seront les habitants de ces villes futuristes… « En améliorant la technologie urbaine, il est possible d’améliorer sensiblement la vie de milliards de personnes à travers le monde », a déclaré Larry Page. Ultra-protégés mais aussi et surtout ultra-dirigés… cernés – c’est aussi le but.
 

Clémentine Jallais