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Le gouvernement bride internet

Gouvernement bride internet
 
Depuis dimanche, le gouvernement est passé à l’action, et bride internet. Enfin – normalement – les sites méchants où on fait l’apologie du terrorisme. Et sans doute, si nécessaire, quelques autres domaines qui peuvent se révéler délictueux : pédopornographie, et, plus généralement, « contenu illicite ».
 
« islamic-news.info » a vraisemblablement été le premier à faire les frais de ce blocage administratif : une main rouge, un message en lettres majuscules du ministère de l’Intérieur. Celui-ci précise : « Vous avez été redirigé vers ce site officiel car votre ordinateur allait se connecter à une page dont le contenu provoque à des actes de terrorisme ou fait publiquement l’apologie d’actes de terrorisme. » Le français approximatif est certifié d’origine. Bernard Cazeneuve aurait tout de même pu demander un petit coup de main à sa collègue Najat Vallaud-Belkacem…
 

Brider internet

 
Au total, cinq sites internet font, pour l’instant, l’objet de cette fermeture – celui d’al Hayat Media Center, un des sites d’information de l’Etat islamique. L’ordre de blocage a été émis par l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication – auprès duquel un recours peut être introduit, sans garantie, bien sûr, de résultat.
 
La disposition autorisant le gouvernement à agir ainsi est entrée en vigueur le 6 février. Prévue par la loi du 13 novembre dernier, elle autorise le blocage des sites qui font l’apologie du terrorisme sans recourir à un juge. Le ministère se contente d’adresser une demande de retraits des contenus considérés comme illicites. En l’absence de réponse, il fait bloquer l’accès au site.
 
Nombre de cris se sont élevés pour dénoncer ce système. Pas en ce qui concerne, bien sûr, la violence terroriste, ou la pédopornographie. Mais bien le contenu « illicite ». Le terme, flou à souhait, peut permettre à peu près tout et n’importe quoi. La question est donc de savoir si le gouvernement n’en usera pas pour des motifs autres et d’intérêt politique, ce qui n’aurait plus grand chose à voir avec la démocratie. Mais ne constituerait de toute façon pas une première. Les textes lui en offrent maintenant la possibilité…
 

Les dispositions du gouvernement ne sont pas sans failles

 
Par ailleurs, il convient de noter que le dispositif est contournable. A commencer par la visite des pages cache de google. Mais aussi, par l’intermédiaire de réseaux parallèles qui ne sont pas forcément soumis aux mêmes structures de connexion que l’internet classique.
 
Qui plus est, la page facebook d’islamic-news est, elle, toujours active. Et bénéficie manifestement d’une fréquentation renforcée depuis le coup de pub gouvernemental.