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La Grèce condamne l’utilisation de lacrymogènes et balles en caoutchouc par la Macédoine pour repousser les migrants

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Des migrants tentent de percer une barricade installée par la police grecque à Idomeni, à la frontière avec la Macédoine, le 11 avril 2016.


 
La Macédoine s’est attiré la condamnation de la Grèce pour avoir utilisée gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et grenades assourdissantes contre les migrants du camp d’Idomani (au nord de la Grèce) qui ont tenté de franchir la frontière en escaladant la palissade. Un acte considéré par Athènes « dangereux et déplorable ».
 
Depuis février, plus de 10.000 migrants s’entassent à l’avant-poste d’Idomani depuis la fermeture en cascade des postes frontaliers des Balkans leur barrant la route vers l’Europe centrale et de l’Ouest. La décision de la Macédoine s’aligne sur celles de la Serbie, de la Hongrie, Croatie, Slovénie et Autriche, provoquant l’engorgement à sa frontière.
 

MSF fait état de 300 blessés lors des heurts entre police macédonienne et migrants

 
Les affrontements ont commencé peu après le rassemblement de 500 personnes, répondant à l’appel d’un tract en Arabe appelant à abattre la clôture et à se rendre à pieds en Macédoine. Une délégation de cinq migrants a demandé à la police macédonienne si elle allait ouvrir la frontière. Devant le refus, plus de 100 migrants, dont des enfants, s’en sont pris à la clôture. Les policiers macédoniens ont envoyé des gaz lacrymogènes, des échanges de pierres côté migrants et gaz et balles en caoutchouc côté macédonien ayant lieu, entraînant de nombreuses blessures.
 
Médecins sans frontières, présent dans le camp, fait état de 300 blessés dont 30 par des balles en caoutchouc. Un médecin de l’organisation relate que trois enfants ont été blessés à la tête après avoir reçu de tels projectiles. MSF accuse par ailleurs la police macédonienne d’avoir envoyé des lacrymogènes directement dans le camp, ajoutant que trois équipes médicales avaient pris en charge les blessés, une équipe supplémentaire ayant été mobilisée.
 
Côté macédonien, on déplore 14 policiers et 9 soldats blessés, dont 5 faisant état de blessures sérieuses. La police grecque ne serait pas intervenue, si ce n’est à un moment pour s’interposer entre les belligérants, les migrants n’attaquant pas la police grecque.
 

La Grèce dénonce lacrymogènes et violences

 
George Kyritsis, porte-parole du gouvernement grec pour les coordinateurs de la migration a fustigé « l’emploi inconsidéré de lacrymogènes, de balles en caoutchouc et de grenades assourdissantes contre des populations vulnérables (…) acte déplorable et dangereux », enjoignant cependant aux migrants de « … ne pas croire les fausses rumeurs lancées par des individus criminellement irresponsables et coopérer avec les autorités grecques qui garantissent leur transfert vers des lieux sûrs d’accueil temporaire ».
 
La Grèce s’est engagée à appliquer l’accord entre l’UE et la Turquie prévoyant le retour des migrants qui ne répondent pas aux critères donnant droit au statut de réfugié, et privilégiant ceux qui viennent de Syrie, d’Irak ou d’Afghanistan. Bien des migrants ne veulent pas quitter leurs camps actuels et ne veulent pas des solutions d’attente proposées par les autorités grecques, qui visent à les regrouper dans des centres d’accueil plus éloignés de la frontière avec la Macédoine.