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La Grèce et la politique du pire

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La Grèce (comme les autres pays de la zone euro, d’ailleurs) ne doit pas se lancer dans la politique du pire, un bras de fer consistant à voir qui s’inclinera le premier dans les négociations sur l’aménagement du plan d’aide à Athènes en échange de réformes structurelles. Tel est l’avis fortement exprimé, et soutenu par bien d’autres, de Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe.
 
Répondant aux questions de la presse en marge d’une réunion du FMI, il a précisé que les créanciers internationaux de la zone euro ne seront vraisemblablement pas en mesure de proposer un accord à l’approbation des ministres des Finances, le 24 avril prochain, comme cela avait été envisagé, et cela du fait de la lenteur des réformes acceptées et mises en œuvre par le gouvernement grec. Il s’en faudra, précise-t-il, d’au moins deux semaines. On constatera que certains autres grands commis de l’Union européenne, comme Mario Draghi, sont encore moins optimistes, qui s’est interrogé sur le « territoire inconnu » dans lequel entrerait demain la zone euro si la crise grecque venait à empirer. Une interrogation qui est, avant tout, un moyen supplémentaire de faire pression sur Athènes.
 

La Grèce, grain de sable européen

 
Pour donner une nouvelle échéance, Jeroen Dijsselbloem déclare qu’il serait « tout à fait bienvenu » que les Grecs présentent un programme plus achevé le 11 mai lors du prochain Eurogroupe.
 
Pour autant, cette date est loin d’être aussi fatidique qu’il l’affirme, pas plus, en tout cas, que les précédentes. Jeroen Dijsselbloem l’avoue lui-même : il est impossible d’établir précisément la date à laquelle la Grèce se trouvera à court de liquidités, et incapable, de fait, de rembourser le prêt d’environ un milliard d’euros au FMI dont l’échéance se situe en mai. « Nous avions des inquiétudes sur les précédents remboursements qu’ils devaient effectuer mais ils y sont parvenus, donc je ne sais pas quand cela va devenir vraiment dangereux », précise-t-il.
 
Cependant, le président de l’Eurogroupe dit comprendre les réticences du premier ministre grec à imposer des réformes douloureuses, et ce d’autant plus qu’il a été élu contre cette politique.
 
« Il y a une véritable place pour le compromis du point de vue des Européens », conclut-il.
 

La pire des politiques

 
Une fois de plus se confirme le fait que la politique de l’Union européenne n’en est pas réellement une, mais une succession de compromis où personne ne trouve son compte. Comment peut-on mener une politique de compromis, qui est, on le constate une fois de plus, la pire des politiques ? Comment peut-on faire s’accorder des gens qui veulent imposer des réformes austères et ceux qui ne veulent plus les subir ?
 
Mais la réponse à cette question ne préoccupe manifestement pas les instances européennes et internationales…
 

François le Luc