« Diffamation, complot, violation de propriété privée et interférence délictuelle » : ce sont les délits reprochés à Greenpeace dans le cadre d’une procédure engagée par l’entreprise Energy Transfer contre trois entités de Greenpeace (US, Pays-Bas et son fonds de récolte de dons) pour avoir protesté contre le pipeline qui traverse le Dakota du Nord il y a une dizaine d’années. La note des dommages et intérêts est plutôt salée : 345 millions de dollars (soit environ 292 millions d’euros). Depuis que cette affaire a abouti à des condamnations successives de Greenpeace, on nous annonce que l’organisation activiste environnementaliste risque de devoir fermer ses portes à cause de son ampleur. Greenpeace s’était particulièrement élevée contre la traversée du fleuve Missouri, près de la réserve Sioux de Standing Rock, et avait organisé des manifestations sur place.
On retrouve ici la convergence entre l’écologisme (dont Greenpeace est l’une des figures de proue) et le respect des religions des peuples premiers, autrement dit le panthéisme. Ainsi, les Sioux avaient mobilisé des dizaines de milliers de militants verts pour protester contre le gigantesque oléoduc, au motif qu’il devait passer sous le lac Oahe qui approvisionne la réserve et qui, surtout, est considéré comme sacré par les tribus qui y vivent.
Une condamnation réduite à 345 millions de dollars
Un premier jugement prononcé en mars 2025 avait fixé les dommages à 667 millions de dollars. Le jugement avait été rendu avec l’intervention d’un jury de 9 personnes. Greenpeace avait alors mené des procédures judiciaires afin de faire réduire la somme, voire annuler purement et simplement la décision de justice qu’elle considérait comme un arrêt de mort.
Le juge Gion du Dakota du Nord l’a confirmée, cependant, après avoir, en octobre dernier, divisé par deux son dispositif financier en faveur de Greenpeace. Les dommages alloués visent à indemniser Energy Transfer non seulement pour l’atteinte à sa réputation, mais aussi pour les coûts de modification du tracé de la pose de ce que les écologistes appellent le « serpent noir » que la société texane a dû réaliser.
Les revenus annuels de Greenpeace, réputés venir principalement de dons, s’élèvent à 40 millions de dollars. Ainsi, même réduite de moitié, la condamnation risque de la mettre sur la paille et elle a annoncé vouloir porter l’affaire devant la Cour suprême du Dakota du Nord. Elle pourrait ensuite prendre le chemin de la Cour suprême des Etats-Unis.
Greenpeace, l’environnement, les Sioux et les eaux sacrées
Le Monde indique que les tribus Sioux ont porté l’affaire devant un tribunal fédéral à Washington. On attend une décision « dans les mois qui viennent ». Quant à Energy Transfer, la société bénéficie de l’appui du gouvernement fédéral : « Le corps des ingénieurs de l’armée américaine, qui opère sous la direction du Pentagone, a publié en décembre 2025 un rapport sur l’impact environnemental du pipeline, qui écarte les accusations mises en avant par les Sioux. »
Dans son communiqué, Greenpeace affirme que la volonté de la société pétrolière « a toujours été de faire payer les manifestations du Dakota, de gommer la souveraineté indigène et d’affaiblir le mouvement pour le climat ». Le mouvement veut y voir une manière d’intimider tous ceux qui s’opposent aux objectifs pour le climat – le « mouvement global pour le climat » – en montrant que leur existence même serait menacée s’ils osent continuer d’agir. Sans surprise, Greenpeace annonce vouloir « défendre la démocratie face au fascisme ». Voilà un vocabulaire d’extrême-gauche qui ne trompe pas.
Greenpeace menacée de disparition : on ne pleurera pas
Rappelons que selon Patrick Moore, jadis membre éminent de Greenpeace – qu’il a depuis quitté –, la politique de l’ONU sur le climat ne vise pas autre chose que le démantèlement de la civilisation industrielle sous prétexte de « sauver » la planète du danger que représente l’humanité, devenue l’ennemie. Si ce projet devait aboutir, affirmait-il en marge de la COP21 à Paris, des millions et des millions de vies humaines seraient perdues en raison de la raréfaction énergétique.
Le même Patrick Moore affirmait que Greenpeace était devenue une organisation soutenant l’extrémisme et servant des objectifs politiques. Ce que confirmait, en 2022, une intéressante enquête du Point.
Affaire à suivre, surtout si d’aucuns se mobilisent pour sauver financièrement Greenpeace…











