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Etats-Unis : 774 plaintes contre l’hôpital Johns Hopkins et la fondation Rockefeller pour contaminations délibérées de MST au Guatemala

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774 plaintes ont été déposées aux Etats-Unis contre la Johns Hopkins Hospital System Corporation et la Fondation Rockefeller pour obtenir réparation pour une série d’expériences menées au Guatemala dans les années 1940 et 1950. Elles portaient sur les maladies vénériennes et ont entraîné, selon les plaignants, la contamination délibérée de nombreuses personnes qui ont été infectées à leur insu par la syphilis et d’autres MST.
 
Les plaignants sont soit des personnes infectées à l’époque, soit leurs époux ou leurs enfants.
 
Le prestigieux hôpital universitaire est accusé d’avoir exercé une « influence substantielle » sur la manière dont certains comités ad hoc ont conseillé au gouvernement fédéral de dépenser des fonds pour la recherche, jouant un rôle non seulement dans la mise au point et dans le financement des expériences, mais dans leur mise en œuvre concrète, exerçant à la fois un « contrôle et une surveillance » et « une direction et une participation ».
 

Johns Hopkins et la Fondation Rockefeller rejettent la responsabilité sur le gouvernement des Etats-Unis

 
Johns Hopkins a d’ores et déjà déclaré que les plaintes sont sans fondement, soulignant que les expériences – mises au jour en 2010 – ont été menées par le gouvernement fédéral des Etats-Unis : « N’importe quelle personne qui connaît quelque chose aux choses sait que lorsque des médecins et des scientifiques travaillent avec ces comités (pour la recherche) ils agissent au nom du gouvernement fédéral et non en celui de l’unité universitaire de recherche ou de l’hôpital qui les emploie. »
 
La fondation Rockefeller affirme de son côté, dans un communiqué, que la recherche sur les maladies vénériennes menée au Guatemala était « moralement répugnante » et que les familles sont en droit d’obtenir réparation – mais du gouvernement des Etats-Unis. Elle assure n’avoir eu « absolument aucune connaissance » de ces expériences et n’y avoir participé ni par le financement, ni par la mise au point ou l’organisation.
 
Les plaignants avaient dans un premier temps assigné le gouvernement des Etats-Unis, en 2012 : un juge fédéral avait alors rejeté la plainte au motif que le gouvernement fédéral ne peut être tenu responsable pour des actions à l’extérieur des Etats-Unis.
 

Le Guatemala utilisé pour des contaminations délibérées de MST

 
La recherche avait consisté à tester des moyens pour infecter des êtres humains avec des MST par des moyens faciles à cacher au public. En l’occurrence, ce sont des prostituées qui ont été contaminées à leur insu au Guatemala par la syphilis, la gonorrhée et d’autres maladies sexuellement transmissibles entre 1945 et 1956 ; elles étaient ensuite « autorisées » à avoir des relations avec des soldats et des prisonniers, dans le but de répandre ces infections. Des orphelins, des enfants et des malades mentaux ont également été contaminés à leur insu. Certains individus victimes de ces contaminations volontaires ont été par la suite délibérément privés de traitement.
 
Au moins 83 personnes sont mortes des suites de ces expériences menées – apparemment dans le but de vérifier l’efficacité de la pénicilline – avec le consentement de certains ministres guatémaltèques qui n’étaient cependant pas au courant de tous les détails.
 
L’administration Obama a présenté ses « excuses » formelles au nom des Etats-Unis en 2010.
 
L’affaire n’est pas sans rappeler les neuf ans d’expériences menées au Puerto Rico en 1956 lors du développement de la pilule contraceptive, sans prévenir les participantes, issues de milieux très pauvres, du caractère expérimental de la recherche ni des risques d’effets indésirables potentiellement dangereux. De nombreuses femmes s’étaient plaintes d’effets indésirables qui avaient d’ailleurs conduit les chercheurs à abandonner très rapidement les essais cliniques menés aux Etats-Unis. Plusieurs femmes en bonne santé avant de prendre ces pilules sont mortes au cours de l’expérience sans que l’on prenne la peine de rechercher la cause de leur décès.