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Les habitants de Liverpool ont rendu hommage à Alfie Evans lors de son cortège funèbre – mais il n’y aura pas d’autopsie

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Ils sont sortis par milliers, les habitants de Liverpool qui ont voulu rendre un dernier hommage au petit Alfie Evans, 23 mois, mort le 28 avril dernier par une décision de justice alors que ses parents ont vu rejeter par les tribunaux leur demande de pouvoir le faire soigner dans une clinique du Vatican. Massés le long de la route du cortège funèbre, une population majoritairement féminine a applaudi au passage du petit cercueil blanc décoré aux couleurs bleue et violette d’» Alfie’s Army » et de petits soldats. Larmes, émotion, détermination : on était venu de près et de loin – comme cette femme partie le matin même d’Ecosse à 5 heures pour pouvoir dire « au revoir » au courageux petit bonhomme – pour marquer une vraie solidarité avec les proches qui se sont tant battus pour que son droit de vivre soit reconnu… En vain.
 
Cette présence nombreuse et digne d’une population autochtone généralement issue des classes laborieuses – Liverpool est une sorte d’enclave catholique en Angleterre, et le petit Alfie a bénéficié d’une vraie « veille » comme autrefois – donne une sorte d’image de l’opposition entre les fausses élites qui gouvernent le monde et le bon sens populaire qui malgré tout ce qui est mis en œuvre pour la contrer, n’a pas disparu.
 

Les habitants de Liverpool sont descendus dans la rue pour saluer Alfie Evans

 
Ces braves gens, entourant les gens si braves qu’ont été les jeunes parents d’Alfie, Tom Evans et Kate James, ne s’en sont pas laissé conter par les « sachants » : la vie vaut mieux que la mort, les médecins sont là pour la protéger et non pour la détruire, prendre la vie d’un innocent est un mal dans n’importe quelle civilisation… civilisée. Les médecins, les juges, les médias ont eu beau multiplier les déclarations sur les « intérêts bien compris » d’Alfie, sur la large destruction de son cerveau, sur l’insuffisance de sa qualité de vie, les Liverpuldiens n’en ont pas cru un mot. Avec Tom Evans, Kate James et les grandes et généreuses familles de ces derniers, ils ont refusé de voir en ce petit garçon certes malade, mais vivant, un « légume ». Pour eux, c’était un soldat, un petit héros, un gars courageux qui s’est accroché à la vie tant qu’il a pu. Et qui aurait pu vivre plus longtemps si le pouvoir ne s’en était pas mêlé.
 
En participant à son enterrement de la manière dont Tom Evans et Kate James l’ont demandé : en formant une sorte de haie d’honneur au corbillard qui est passé devant les grilles du stade d’Everton où Tom Evans rêvait d’emmener un jour son gosse, ils ont sans le savoir affirmé la valeur transcendante de la vie et de l’âme. De tout temps, l’homme a enterré ses morts parce que l’être humain est davantage qu’un corps, parce que les restes mortels disent quelque chose de l’immortalité de l’âme.
 

L’hommage au cortège funèbre d’Alfie Evans, signe de civilisation

 
C’est véritablement cela qui a été nié par le traitement qu’on a réservé à Alfie Evans : on l’a réduit à la « qualité », ou plutôt au manque de « qualité » de sa vie corporelle. Les derniers juges – ceux de la cour d’appel de Londres qui se sont prononcés alors qu’Alfie avait déjà été débranché et respirait seul depuis deux jours – ont insisté sur le fait qu’il « n’avait plus de cerveau » et qu’il était donc dans son « intérêt bien compris » de ne plus recevoir de traitements invasifs pour le maintenir en vie et même, de mourir. Ou pour les citer exactement : « Il n’est pas dans l’intérêt bien compris de cet individu de continuer de vivre et il est dans l’intérêt bien compris de cet individu qu’on le laisse mourir. »
 
Il n’était donc pas dit que les traitements que l’on faisait subir à l’enfant le faisaient souffrir – les juges avaient au préalable pris soin d’affirmer que son cerveau étant détruit, plus aucun de ses sens fonctionnait (chose au demeurant contestée par ses parents et par des spécialistes qui ont vu des vidéos récentes d’Alfie). S’il est licite de mettre fin à des soins extraordinaires lorsqu’ils font plus de mal que de bien, et laisser la nature reprendre son cours, il n’y avait ici aucune urgence et les parents, qui ont de par la loi naturelle autorité pour parler au nom de leur enfant, pouvaient juger que le maintien de l’assistance médicale, fût-elle lourde, pouvait s’imposer.
 
En définitive, les juges ont agi et décidé, conformément à ce que voulaient les médecins de l’hôpital pédiatrique d’Alder Hey, en imposant la mise en place d’un plan de fin de vie au nom de l’idée que la vie peut être un mal, et la mort un bien.
 
Avec un tel raisonnement c’est toute notre morale s’effondre. Il ne peut plus y avoir d’interdit fondamental, la phrase « Tu ne tueras pas l’innocent » est vidée de son sens. On arrive à une anti-morale qui rend l’homme juge et maître de lui-même ; de la qualité de vie de son semblable. Et qui au nom de la collectivité peut même s’opposer aux proches d’un individu, voire à la volonté de l’individu lui-même, en lui procurant une « fin de vie » certaine.
 

La mort d’Alfie Evans, victoire de la culture de mort

 
Il ne faut pas s’y tromper, c’est à cela que mène la culture de mort, qui est très exactement une « culture de la mort », une manière de cultiver la mort comme un bien désirable est comme une solution à la souffrance de l’homme. Cela est déjà vrai aujourd’hui en matière d’euthanasie, d’avortement, de tri embryonnaire. Et plus le temps avance, plus les frontières s’élargissent et plus les domaines où la mort est proposée comme remède au mal – alors qu’elle en est, depuis la chute originelle, la punition, surpassée grâce à la mort et à la résurrection du Christ – sont nombreux. Difficile de ne pas voir le côté infernal de l’inversion.
 
On se souviendra de ce que La Nuova Bussola Quotidiana a posé des questions sur des médicaments – au nombre de quatre – qui auraient été administrés au petit Alfie très peu de temps avant sa mort, alors qu’il respirait déjà seul depuis cinq jours, pendant une absence de son père de sa chambre d’hôpital. Démenties par certains proches de la famille, mais non par la famille elle-même, ces informations n’ont pas été retirées par le quotidien italien qui a été très proche des parents du petit garçon tout au long de l’affaire. Deux sources proches de la famille ont précisé à LifeSite qu’il s’était agi d’injections. Elles ont été à la racine de spéculations sur la cause de la mort de l’enfant, de telle sorte qu’un avocat britannique pro-vie, John Allman, a déposé une demande d’autopsie et de rapports toxicologiques afin de faire la lumière, voire de couper courts aux rumeurs, comme il l’a affirmé.
 
La Haute Cour du Royaume-Uni, qui siège à Westminster, a rejeté lundi la demande faite selon une procédure d’urgence au motif que, une fois l’enfant enterré, il serait impossible de faire la lumière sur les différentes allégations.
 
Elle confirmait ainsi les dires du médecin légiste de Liverpool, saisi une semaine plutôt par le même avocat, pour qui Alfie Evans est mort de cause naturelle, ainsi que le précise son certificat de décès, ce qui exclut toute nécessité d’investigation.
 

Pas d’autopsie pour Alfie Evans puisqu’il était dans son intérêt de ne pas vivre ?

 
Allman avait attiré l’attention du médecin légiste sur le fait que la mort du petit garçon avait pu être accidentelle du fait d’une administration trop zélée d’analgésiques afin qu’il ne souffre pas, ou même relever de l’homicide s’il faut en croire les « rumeurs et les théories du complot » qu’il s’agirait de faire cesser en déterminant si des médicaments éventuellement donnés à Alfie avaient pu raccourcir sa vie. Ostensiblement, le but de la saisine était donc d’exonérer des médecins d’accusations qui circulent.
 
Devant la Haute Cour, Allman a développé l’idée que le garçon est mort alors qu’il était « détenu par l’Etat », ayant fait l’objet d’un « ordre de la Cour suprême lui imposant de rester dans les locaux d’une autorité publique qui avait demandé un ordre à cette fin ». Dans un tel cas, le public a le droit de connaître les raisons de sa mort, a-t-il avancé – il est d’ailleurs intervenu à titre indépendant. Les juges n’ont pas voulu l’entendre de cette oreille, mais Allman compte poursuivre sa bataille judiciaire en contestant la décision du médecin légiste officiel de Liverpool.
 

Alfie Evans considéré comme mort de cause naturelle

 
A-t-il une chance de gagner ? On voit mal comment, dans le contexte actuel, puisque dans le cadre de plan de soins palliatifs parfaitement légaux, l’administration de médicaments analgésiques et calmants fait partie des protocoles normaux. Les médecins d’Alder Hey avaient signifié aux parents d’Alfie, avant le retrait de sa ventilation, qu’il recevrait des piqûres de Midazolam et de Fentanyl pour l’empêcher de souffrir. Ce sont des molécules qui ont notamment pour effet d’entraîner une dépression respiratoire et donc de hâter la mort, sans que cela soit reconnu aujourd’hui comme une manœuvre euthanasique – elles sont d’ailleurs données de manière habituelle dans ce type de situation, également en France. Ce qui ne veut pas dire que ce soit un bien !
 
Tout laisse à penser que l’hôpital avait renoncé à faire ces piqûres, notamment parce que Tom Evans s’était insurgé contre leur utilisation qui n’était pas prévue par le jugement ordonnant le « débranchement » de son petit garçon. Mais à supposer qu’il ait été décidé de les administrer quand même, cela n’aurait pas constitué un délit et de fait, même positive, l’analyse toxicologique ne pourrait aboutir à des poursuites.
 
C’est toute la différence entre la réalité des faits et leur interprétation juridique qui est en jeu ici. Dans un pays où l’euthanasie deviendrait totalement légale, sans conditions, l’administration d’un cocktail létal, dont le seul objectif est de faire mourir, et rapidement, un patient, en deviendrait normal, sans la moindre connotation homicide, quoi qu’il en soit de la réalité.
 

Jeanne Smits