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François Hollande chahuté au Salon de l’agriculture

Hollande chahuté Salon agriculture

Les agriculteurs protestent lors du passage de François Hollande, le 27 février au Salon international de l’agriculture à Paris.


 
François Hollande s’est rendu, ce samedi matin, au Salon de l’agriculture, qui ouvrait ses portes à Paris. Une visite délicate pour le président de la République qui a été fortement chahuté par les paysans qui, depuis des semaines, depuis des mois, multiplient les actions manifestant une colère grandissante face à une politique qui, manifestement, se révèle incapable de répondre à leurs questions, et encore moins de résoudre leurs difficultés.
 

François Hollande au Salon de l’agriculture

 
Cris, insultes, appels à la démission. François Hollande a subi de la part du monde agricole un condensé de colère, comme une réponse à son incapacité de régler leurs problèmes. Un long cri douloureux est monté le long des couloirs du Salon, auquel a répondu une escorte policière manifestement décidée à ne pas l’entendre. Démontage du stand du ministère de l’Agriculture. Heurts. Coups. Sang qui coule… les images de cette agitation ne sont pas du meilleur effet à l’heure où François Hollande dégringole non seulement dans les sondages, mais dans l’esprit d’un nombre grandissant de nos compatriotes.
 
« Les cris de détresse, je les entends », a cru pouvoir répondre le chef de l’Etat. « La colère, je préfère qu’elle s’exprime à l’occasion de ce salon qu’à l’extérieur. »
 
Mais dans quel monde vit-il ? Cette colère s’exprime de plus en plus, et peut-être tous les jours, dans les campagnes d’où ces paysans, ces agriculteurs viennent.
 
Il ne suffit pas de frapper et d’interpeller les gens qui l’ont hué ou sifflé pour la faire disparaître. Ne lui a-t-on jamais dit, à ce décidément curieux politique, que l’on ne fait pas descendre la fièvre en cassant le thermomètre ?
 

François Hollande, chahuté, ne sait que répéter un inefficace leitmotiv

 
François Hollande croit manifestement qu’il suffit de répéter les mesures annoncées récemment par le gouvernement pour que la situation se calme, alors même qu’elles ont provoqué, selon les jours, l’ironie ou l’ire de ces mêmes agriculteurs.
 
Il a de même multiplié les promesses, comme celle de la révision de la loi de modernisation de l’économie, adoptée lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy, et qu’il estime être « en faveur de la distribution et contre les producteurs ».
 
Mais, encore une fois, et en dehors de toute considération sur le fond, est-il crédible de faire semblable promesse à la fin (ou presque) de son mandat, quand, depuis le début, on a laissé la situation se détériorer ?
 
En réalité, dans cette affaire, comme sur d’autres dossiers, on perçoit que François Hollande n’est pas à la hauteur de sa fonction, et que la fuite en avant est le seul espoir qui lui reste de finir son mandat sans trop de secousses.
 
Il est manifeste, dans la plupart des réactions des agriculteurs entendues à cette occasion, qu’ils n’y croient pas, qu’ils n’y croient plus. La question qui se pose est de savoir s’ils tiendront encore quatorze mois…
 

François le Luc