fbpx

Hollande et les impôts 2015 : Hausse ou pas hausse ?

Hollande et les impôts 2015, Hausse ou pas hausse

 
Après l’engagement formel pris devant les Français par François Hollande qu’il n’y aurait aucune hausse sous son quinquennat, qu’en sera-t-il des impôts en 2015 ? La question mérite manifestement d’être posée. En effet, ce jeudi matin, Christian Eckert, secrétaire d’Etat au Budget, a jeté le trouble dans l’esprit des contribuables en déclarant à ce sujet sur les ondes : « On ne peut pas graver dans le marbre une situation qui dépend d’un contexte international que nous ne maîtrisons pas. » Bien ! Mais, quelques heures plus tard, à l’Assemblée, le même lançait devant la presse : « Il n’y aura pas de hausse pour 2015 ni pour les années suivantes, ceci est très très clair ! » Alors ?
 
Ce qui est clair en la matière, c’est que rien ne l’est. Mais, pour l’avoir souligné, Christian Eckert en a manifestement pris pour son grade. Car il n’y a pas trente-six mille solutions ! Soit le secrétaire d’Etat au Budget n’a pas suivi le discours de François Hollande à la télévision, il y a une semaine, au cours duquel le président de la république a notamment déclaré : « Il y aura une baisse d’impôt telle que je l’ai annoncée. (…) A partir de l’année prochaine, il n’y aura pas d’impôt supplémentaire sur qui que ce soit. » Et ce, jusqu’à la fin du quinquennat. Soit, conscient de la difficulté de la situation, Christian Eckert ne croit pas au propos présidentiel.
 

2015, 2017, tout le monde cafouille, y compris Hollande

 
Quoi qu’il en soit, le ministre peut se vanter d’avoir mis un beau bazar non seulement dans la majorité, mais jusqu’au sein du gouvernement. Car Christian Eckert ne s’était pas exprimé depuis plus d’une demi-heure que le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, affirmait exactement l’inverse sur le petit écran : « La porte est fermée, il n’y a pas à discuter de ce sujet. Il n’y aura pas de hausse d’impôt décidée par le gouvernement en 2015. »
 
Dès lors, Christian Eckert n’avait plus qu’à passer pour l’imbécile de service – et qui d’autre ? D’où sa déclaration contradictoire devant la presse parlementaire. Dans laquelle il se permit même d’en remettre une couche, en affirmant – faut oser ! – qu’« il peut y avoir des baisses d’impôt supplémentaires, ceci n’est pas exclu, c’est d’ailleurs un objectif ».
 

Impôts : hausse ou pas ? L’interprétation, et la réalité des chiffres

 
Mais, cette seconde fois, cela ressemble fort à de la méthode Coué, à de la démagogie ou de l’idéologie. Que fait-il, en effet, de l’affirmation d’Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, au lendemain du discours du chef de l’Etat, affirmant que celui-ci ne voulait parler que des impôts « votés » ? Or dans les projets de budget de l’État, de la Sécurité sociale pour 2015, et de budget rectificatif en cours, il y a « des impôts nouveaux, des augmentations nouvelles, en même temps que des baisses », soulignait Emmanuel Macron. Et l’impasse budgétaire où se trouvent les services de l’Etat pour avoir calculé le budget de façon trop optimiste les rend inéluctables.
 
Que fait-il, aussi, et par exemple, de la hausse de 20 % de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires en zones tendues (c’est-à-dire les zones où l’offre de logement est inférieure à la demande), présentée justement mercredi dans le projet de loi de finances rectificative 2014 ? Rien à voir, assure-t-il, puisque « cette disposition avait déjà été annoncée bien avant l’intervention du Président de la République ».
 
Joli tour de passe-passe… dont les conséquences seront évidentes dans les porte-monnaie d’un certain nombre d’entre nous !
 
Malheureusement pour Christian Eckert, malheureusement pour Emmanuel Macron et François Hollande, les Français n’y croient plus. Que ce soient dans les sondages ou les discussions de comptoir, le résultat est le même : ras-le-bol !