Idéologie du genre : au Canada, le projet de loi fédérale C-16 menace la liberté de pensée et de recherche

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Le parlement fédéral du Canada débat en ce moment d’un projet de loi fédérale sur « l’identité du genre », immatriculé C-16, qui prévoit d’inscrire « l’identité du genre et l’expression du genre » parmi les catégories protégées du Code des droits de l’homme du pays. Il s’agit d’inscrire dans les textes fondamentaux les assertions de l’idéologie du genre, selon lesquelles le genre d’une personne est indépendant de son sexe biologique et qu’elle est en droit de s’exprimer en conséquence. Une vaste campagne visant à brider l’expression de chercheurs ou d’universitaires opposés à la banalisation du transsexualisme a déjà été déclenchée, visant en particulier le professeur Jordan Peterson de l’Université de Toronto. Les détracteurs du texte débattu à Ottawa redoutent à bon droit que la loi C-16 ne serve de point d’appui pour refuser la liberté d’expression à ceux qui assimilent la « dysphorie du genre », cette volonté de se débarrasser de son sexe originel, à une affection mentale. Le texte a déjà été adopté par la Chambre des Communes en novembre 2016. Il est actuellement au Sénat, qui fait traîner les débats, déclenchant la fureur de son auteur, le sénateur libéral représentant l’Alberta, Grant Mitchell : « Cela fait huit ans que ça dure ! Il s’agit des droits de l’homme et chaque jour perdu est un jour d’injustice supplémentaire. »
 

Le pasteur Paul Dirks dénonce la future censure imposée au Canada par l’idéologie du genre

 
Car le texte rencontre de fortes oppositions. Les conservateurs, chassés du pouvoir fédéral depuis le départ de Stephen Harper et son remplacement au poste de Premier ministre par le libéral Justin Trudeau, dénoncent la menace sur la liberté d’expression qu’il fait peser sur ceux qui continuent d’estimer que le transsexualisme n’a pas à être promu par la loi. Pour le pasteur baptiste Paul Dirks, devenu tête de Turc des activistes transgenres, « le problème, avec le C-16, c’est que le genre est indéfinissable et qu’il établit ainsi les droits du genre contre les droits du sexe ». Il ajoute : « A l’inverse d’autres droits humains, l’inclusion de l’identité (subjective) du genre et de son expression (dans la liste des droits de l’homme) entraîne l’exclusion d’autres droits ».
 
Harold Albrecht, élu conservateur de l’Ontario, opposant historique au projet, dénonce le fait que la C-16 pourrait interdire « d’exprimer son opposition à certains programmes imposés par un gouvernement ». En s’appuyant sur ce qui deviendra un principe quasi-constitutionnel (la protection par principe de la liberté de choix de l’identité sexuelle), le juge pourrait brider toute opposition à une politique de promotion du transsexualisme dans les écoles, par exemple. Avec le risque de traumatismes graves sur les enfants. Ou imposer la création de toilettes pour transgenres, comme aux Etats-Unis, et même pire puisque la loi C-16 canadienne « pourra s’appliquer aux douches, aux vestiaires, aux foyers, aux tentes de camps pour enfants », s’indigne le pasteur Dirks. Pour Albrecht, le sujet « est bien trop subjectif pour être instrumentalisé dans le contexte législatif, particulièrement dans le Code des droits de l’homme du Canada et dans son Code pénal ». Pour lui, il n’existe aucune preuve scientifique établissant que l’identité du genre est indépendante du sexe biologique.
 

Le projet loi fédérale C-16, une menace pour la liberté de pensée, et surtout pour l’expression de la vérité

 
Les professeurs de psychiatrie Paul McHugh, de l’université Johns Hopkins (Maryland), et Lawrence Mayer, de l’Université d’Etat de l’Arizona, ont publié une étude établissant que la banalisation et la promotion du transsexualisme, considéré comme une norme et non une affection mentale, risquait d’entraîner de graves problèmes pour les enfants. Ils démontrent que la façon dont le transsexualisme est subrepticement transmis à la jeunesse américaine entraîne déjà de graves confusions sexuelles et que la campagne de promotion de la banalisation des transgenres entraînera à coup sûr des confusions plus graves encore. « L’enfance est un sujet capital en matière de genre. Seule une minorité d’enfants qui font l’expérience d’un changement de genre la poursuivront durant leur adolescence ou leur âge adulte », soulignent-ils. « Il n’existe aucune preuve établissant que tous les enfants exprimant des pensées transgenres verront leur santé mentale améliorée si on les encourage et si on les accompagne dans leur identification à l’autre sexe », certifient-ils.
 
Le Sénat canadien prend son temps. Il auditionnera en ce début du mois d’avril le ministre fédéral de la Justice Jody Wilson-Raybould, élue libérale de Vancouver d’origine amérindienne, puis une série de juristes, de psychologues et de militants favorables ou opposés au projet.
 

Matthieu Lenoir