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Iran : du billard pour l’ONU


 

Au bout de longues négociations, l’Iran a passé avec le groupe des 5+1 (USA, Russie, Angleterre, Chine, France, Allemagne) un accord temporaire portant sur une limitation de son programme nucléaire en échange de la levée partielle des sanctions économiques qui pesaient sur elle. Le perdant dans l’affaire est Israël, le gagnant l’ONU.
Téhéran va pouvoir dès le mois de décembre vendre son pétrole (ce qui arrange tout le monde) et récupérer ses avoirs gelés dans le monde, aux Etats-Unis notamment. Les entreprises étrangères vont pouvoir reprendre leurs affaires dans le pays. De son côté l’industrie nucléaire iranienne devra limiter l’enrichissement de l’uranium à 5%, ce qui permet une exploitation civile, et non plus à 20%, qui ouvre la porte à la construction de bombes atomiques – à charge pour les enquêteurs de l’ONU de contrôler l’application de cette décision.
Laurent Fabius, le ministre français des affaires étrangères, avait recueilli les applaudissements de Tel-Aviv et de la droite néo-cons américaine en durcissant la négociation, et l’accord a suscité la colère de Benjamin Netanyahu, qui l’a qualifié « d’erreur historique ». Non que l’Iran puisse constituer une menace nucléaire, il n’aura jamais la bombe : mais cette république islamique rentre dans le jeu politique international et fera un contrepoids régional à Israël, capable notamment d’épauler la Syrie. Après le recul d’Obama, Hollande et Cameron sur la Syrie, cela fait la deuxième occasion où l’Occident soutien traditionnel d’Israël recule devant la diplomatie russe et se soumet aux décisions de l’ONU. A comparer avec les guerres et du Golfe et d’Irak où l’Amérique néoconservatrice pro-sioniste avait imposé sa volonté contre vents et marées. Une époque se termine. A noter que, comme sous la quatrième république, la France socialiste se rapproche d’Israël à mesure que les Etats-Unis s’en éloignent.