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Après le « oui » au « mariage » homosexuel, Amnesty International fait pression sur l’Irlande pour libéraliser l’avortement

Après le « oui » au « mariage » homosexuel, Amnesty International fait pression sur l’Irlande pour libéraliser l’avortement
 
Alors que l’Irlande vient de dire « oui » au « mariage » homosexuel, l’ONG Amnesty international publie un rapport ce mardi, pour dénoncer la politique irlandaise sur l’avortement. La date n’est pas un hasard, l’ONG veut encourager (forcer) le pays à aller plus loin dans les réformes sociétales. Le secrétaire général d’Amnesty International déclarait en effet, alors qu’il présentait le rapport : « Le récent référendum sur l’égalité dans le mariage a montré un pays qui se targue d’être une société ouverte et inclusive; mais tout ne va pas bien en République d’Irlande. » Pour cela, il faudrait qu’elle libéralise davantage l’avortement.
 
L’avortement est toujours interdit en Irlande, y compris en cas de viol, d’inceste, de handicap ou de risque de santé pour la mère : le risque pour la vie de la mère (y compris la menace de suicide…) constitue une excuse permettant d’échapper aux poursuites. Amnesty International – qui prétend défendre les droits de l’homme – y voit une raison de s’attaquer à l’Irlande, ajoutant sa voix à celle du Comité des droits de l’homme de l’ONU qui s’était déjà ému de ce que l’enfant à naître soit protégé en Irlande.
 

Amnesty International reproche à l’Irlande d’instaurer un « climat de terreur » en refusant l’avortement

 
Les Irlandaises risquent 14 ans de prison en cas d’avortement clandestin, au même titre que ceux qui les y aideraient. Elles sont, selon les organisations pro-IVG, quelque 4.000 à se rendre chaque année en Grande-Bretagne pour se faire avorter. Pour l’ONG, pénaliser une telle pratique revient à instaurer un « climat de terreur »… L’inversion des valeurs jusque dans le choix des mots.
 
Amnesty International ne défend pas l’avortement, elle expose avec indécence la souffrance de plusieurs femmes. Le procédé est habituel : la politique par le fait accompli, le retournement des foules par 26 témoignages poignants, et le lobbying par l’inversion des valeurs et la criminalisation des opposants.
 
C’est en 2013 pourtant que l’Irlande, déjà sous pression, avait donné des gages en légalisant l’avortement si la vie de la mère était en danger. Amnesty International estime aujourd’hui que cette loi ne fait qu’apporter des contraintes supplémentaires à la procédure et dénonce la non adhésion de l’Irlande aux droits de l’homme tels qu’ils sont reconnues sur le plan international (un leurre : aucune convention ou traité ne mentionne un droit à l’avortement).
 

Comment dire « oui » au « mariage homosexuel » sans libéraliser l’avortement ?

 
Pour Amnesty International, la disposition constitutionnelle irlandaise qui reconnaît le droit de l’enfant à naître à la protection de sa vie est contraire aux droits de l’homme au sens international : « Il est clair que les droits de l’homme s’appliquent après la naissance », selon le rapport.
 
« D’après les lois actuelles, nous devons attendre que la femme soit suffisamment malade avant de pouvoir intervenir. Mais quand êtes-vous suffisamment proche d’un risque de mort ? Il n’y a pas de réponse », a regretté Peter Boylan, obstétricien et gynécologue. Il a moins de cœur pour l’enfant à naître qui meurt à tous les coups lorsqu’un avortement a lieu.
 
Le secrétaire général d’Amnesty International, Salil Shetty, a présenté son rapport de manière agressive : « Les droits des femmes et filles sont violés chaque jour en raison d’une Constitution qui les traite comme des réceptacles à bébé », a-t-il déclaré. Là encore, le discours est habituel : à force de défendre l’avortement, on en vient à présenter la grossesse comme une aliénation.
 
Certains responsables politiques irlandais ont déjà appelé à la tenue d’une nouvelle consultation populaire visant à abroger le 8e amendement de la Constitution qui donne des droits égaux au fœtus et à la mère.
 
Un porte-parole du ministère de la Santé a indiqué qu’il « examinerait les conclusions » du rapport mais le Premier ministre a précisé qu’il ne soutenait pas « l’avortement à la demande » et a exclu la tenue d’un éventuel référendum avant les élections législatives prévues l’an prochain.
 

Béatrice Romée