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La famille de Jared Kushner, conseiller de Trump, vante le visa d’immigration EB-5 aux investisseurs chinois : CNN insinue un trafic d’influence

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Le débat sur l’immigration, point fort de la campagne de Donald Trump, ne se limite pas à sa limitation par le mur côté Mexique ou par la mise en cause du permis lié au contrat de travail. Il concerne aussi les conditions d’entrée des migrants fortunés aux Etats-Unis grâce à des visas favorables. La gauche médiatique américaine accuse la famille du conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner d’avoir fait la promotion à Pékin des visas EB-5, qui permettent aux étrangers les plus fortunés, selon eux, de « s’acheter » des permis de travail, ces fameuses Green Cards ou cartes vertes, alors qu’ils favorisent surtout l’entrée de capitaux. Et le nom de Jared ayant été mentionné par les conférenciers, les journalistes ont déjà soupçonné un trafic d’influence.
 
Ce visa EB-5, dit « programme d’investisseur immigrant », a été placé sous les projecteurs médiatiques ce week-end quand des journalistes présents à une réunion d’investisseurs en Chine ont relevé que l’entreprise familiale des Kushner en faisait la publicité auprès de riches investisseurs chinois, tout en mentionnant le gendre du président Trump, Jared, et sa nouvelle fonction auprès de lui. Un nouvel angle d’attaque des médias – CNN est en tête – pour marteler « l’information » contre ce président honni, ainsi résumée : « La famille Kushner dit aux Chinois : apportez 500.000 dollars et venez immigrer aux Etats-Unis. » Sous-entendu, « Ce pouvoir refuse les pauvres mais favorise les riches », rhétorique classique du misérabilisme gauchiste pour masquer la détestation de son propre pays.
 

Le groupe Kushner bénéficie de capitaux via l’EB-5 pour un projet à Jersey City

 
CNN insiste sur le fait que le groupe Kushner bénéficie de l’EB-5 pour abonder à hauteur de 50 millions de dollars les capitaux d’un projet immobilier dénommé Trump Bay Street à Jersey City, soit le quart de l’investissement total. La réforme des conditions d’obtention de ce visa EB-5 est envisagée par le Congrès, le département de la Sécurité nationale demandant en particulier un relèvement du seuil d’apport de capitaux.
 
L’information en provenance de Pékin à peine divulguée, la société des Kushner a présenté ses excuses pour avoir évoqué le nom de Jared à Pékin. Les entreprises du groupe Kushner ont souligné que le nouveau rôle de Jared auprès du Président avait entraîné son retrait des instances de la société. Black Roberts, avocat de Jared Kushner, a précisé qu’il avait retiré ses capitaux de l’affaire et « qu’il nie toute implication dans les questions de visas ». Me Roberts précise que Jared Kushner « a vendu ses parts à une fiducie familiale dont lui-même, son épouse et ses enfants ne sont pas bénéficiaires, un mécanisme prôné par l’Office gouvernemental d’éthique ».
 

Le seuil d’obtention du visa EB-5 pourrait être durci : de 0,5 à 1,35 millions de dollars

 
L’attaque médiatique trouve sa limite dans le fait que le EB-5 existe de longue date, prorogé depuis des années par la loi de finances, et qu’il profite à l’économie américaine. Ce système a été revoté le mois dernier. Il permet aux investisseurs étrangers qui transfèrent une somme donnée liée à un certain type de projet d’entreprise de recevoir des autorisations de travail pour eux-mêmes et les membres de leur famille proche, « première étape vers la citoyenneté américaine », grince CNN.
 
La question de la réforme de l’EB-5 est pendante depuis longtemps. De bonnes sources affirment que bien des parlementaires ont menacé de ne pas revoter cette réglementation telle quelle, mais la lenteur des négociations n’a pas permis son durcissement avant le vote récent.
 

Jared Kushner, conseiller de Trump, mis en cause – mais l’immigration de riches Chinois enrichit les Etats-Unis

 
Les opposants à une limitation de l’EB-5 ont un allié de poids en la personne du président du groupe d’opposition au Sénat, le démocrate Chuck Schumer, élu de New York où les investissements étrangers jouent un rôle majeur dans l’immobilier. A l’opposé, on compte parmi les partisans de la réforme, outre des Démocrates, plusieurs élus républicains des deux chambres, tels Jim Sensenbrenner, Bob Goodlatte, Chuck Grassley. La réforme de l’EB-5 consisterait en un relèvement du seuil d’investissement de 500.000 à 1,35 million de dollars, accompagné d’un ciblage sur des « zones d’emploi désignées » caractérisées par de hauts niveaux de chômage. Façon honteuse de reconnaître son utilité.
 

Matthieu Lenoir