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CONTE/FILM EXPERIMENTAL
La jeune fille sans mains ♥♥♥

 
La jeune fille sans mains est un conte de Grimm. Il s’agit d’un conte sombre, dur, et ne s’adressant pas aux enfants, et certainement pas au jeune public au cinéma – car l’image animée impressionne beaucoup plus que le récit oral. Ce conte est transposé sous la forme d’un film expérimental, expérimental surtout dans sa forme : le dessin animé est formé d’une suite de dessins assez minimalistes, quoique toujours compréhensibles. L’impasse totale de l’abstraction est toujours évitée. Les silhouettes sont le plus souvent esquissées. Le blanc domine, avec des traits noirs pour les silhouettes, et les couleurs sont volontairement posées brutalement par taches ou larges traits. Ces variations de couleurs dynamisent les images et les scènes, et le procédé s’avère immédiatement séduisant. L’accompagnement sonore reste quant à lui beaucoup plus classique, combinant voix du narrateur, des personnages, et bruits d’ambiance – eau qui coule, vent, etc. Ainsi, le spectateur n’est jamais perdu, et suit la narration sans effort.
 

La jeune fille sans mains : une parabole de l’âme humaine ?

 
Un meunier pauvre, au bord de la famine, qui ne peut plus faire tourner son moulin à eau à cause d’une terrible sécheresse persistante, en appelle pour se sauver non à Dieu, mais au diable. Le diable promet de l’eau, et même de l’or, beaucoup d’or, à condition de recevoir un échange un verger, et tout ce qui s’y trouve au moment du pacte. Le meunier signe ce pacte diabolique. Il ne sait pas que sa fille est alors présente dans le verger. Le diable réclame son dû. Faute de pouvoir emporter la jeune fille, car elle trop pure, il lui coupe les mains, d’où le titre. La jeune fille sans mains doit fuir loin du moulin paternel désormais opulent mais maudit. Il lui arrive de nombreuses aventures, que nous laisserons le spectateur découvrir. Elle réussit constamment à surmonter son handicap, soit une belle leçon de courage et de détermination. Elle souffrira beaucoup, mais sa persévérance et sa pureté seront in fine récompensées. Dans un couple – car elle aura entre temps rencontré et épousé un prince – il faut se faire confiance, et ne surtout pas croire les bruits, calomnies, ou manipulations du diable, qui poursuit sans cesse La jeune fille sans mains de son infernale vindicte. Le père indigne ne sera pas heureux de son pacte.
 
La jeune fille sans mains propose certainement une bonne moralité, chose aussi essentielle qu’hélas rare aujourd’hui. On pourrait même y voir une parabole de l’âme humaine, tourmentée sur Terre par le diable, et qui doit pourtant persévérer dans le Bien. Chose rare dans ce genre particulier du film expérimental, il faut bien l’avouer, la recherche esthétique, vraiment originale, nous a semblé parfaitement réussie.
 

Hector JOVIEN

 
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