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Juppé sous les huées de l’UMP – et les applaudissements

Juppé sous les huées de l'UMP – et les applaudissements
 
La base de l’UMP n’aime décidément pas Alain Juppé. A Bordeaux, déjà, en novembre dernier, il avait essuyé les huées de la foule venue écouter Nicolas Sarkozy, alors en meeting pour la présidence de l’UMP. Samedi, c’était à Paris, alors qu’il s’adressait à la tribune à une partie des cadres de l’UMP réunis en conseil national à la salle de la Mutualité. Mais ça ne l’a guère déstabilisé – il avait prévenu la veille qu’il viendrait de toute façon avec son « gilet pare-balles » et son « casque à boulons »
 

Huées récurrentes de l’UMP

 
Son discours, à Bordeaux et à Paris, est le même : rassemblement, rassemblement, rassemblement. Devant la débâcle du PS – Hollande et Valls commencent à perdre le « capital » Charlie Hebdo –, ce qu’on appelle la droite devrait avoir un boulevard : elle n’a qu’une petite rue à prendre. En ont témoigné les récentes élections partielles du Doubs où, si le FN n’a pas gagné in fine, l’UMP s’est lamentablement écrasée. Et Juppé veut reformer ce boulevard. Même s’il faut, pour ce faire, bouleverser les habitudes politiques.
 
Le candidat à la primaire UMP de 2016 avait déclaré à Bordeaux que pour combattre le Front National, réussir « l’alternance », il fallait « le rassemblement de la droite et du centre » : « c’est l’ADN de l’UMP. Partout, il faut l’union de l’UMP, de l’UDI et même du MoDem ». Nicolas Sarkozy lui avait rétorqué dans son discours : « Oui à l’alliance de la droite et du centre, mais un centre qui a choisi clairement d’être avec nous ». A Paris, Juppé réitère : « Si vous voulez me siffler, sifflez-moi, mais je continuerai à défendre cette idée de rassemblement de la droite et du centre (…) Nous aurons besoin de François Bayrou et des déçus de François Hollande ».
 

« Qui peut douter que je sois un homme de droite ? » Juppé

 
Les divergences apparaissent. Les sarkozystes parlent d’un homme de gauche « hors sol ». Au second tour de la législative partielle du Doubs, à l’encontre du « ni-ni » (ni PS – ni FN) choisi par le président, Alain Juppé avait appelé à voter pour le PS – comme François Bayrou d’ailleurs – dans un front républicain exemplaire. Toute complaisance serait « suicidaire » avait-il dit.
 
C’est cette « résistance », finalement, qui doit primer sur tout. Quitte à modifier la base électorale du parti. Le reste a peu d’importance – en a-t-il jamais eu ? ! Et l’UMP, ou plutôt le « nouveau » parti de droite qui verra le jour dans quelques mois, se fera bien une raison. Un tout récent sondage BVA pour Orange iTele diffusé samedi apporterait de l’eau à ce moulin : parmi les sympathisants de la droite, Alain Juppé devance Nicolas Sarkozy de 2 points (27 % contre 25 %), et de 30 points (43 % contre 13 %) comme candidat UMP préféré des Français pour l’élection présidentielle de 2017.