Ce que nous appelons en France « délit antiraciste » est qualifié chez les Anglo-Saxons de « crime de haine ». Son domaine vient de s’accroître au Canada, où le Sénat a approuvé jeudi dernier la loi C-9 pénalisant la citation de versets de la Bible qui relèvent, selon les sentinelles de l’antiracisme, du « discours de haine ». La majorité fut même assez large, puisque le texte a obtenu 45 voix pour, 13 contre et 2 abstentions. 35 sénateurs avaient jugé inutile de se déplacer.
La loi C-9 augmente fortement les peines pour les actes motivés par la haine visant toutes sortes d’états ou de minorités, depuis la race, l’ethnie, la couleur et la religion jusqu’à l’orientation sexuelle et l’identité de genre. La circonstance aggravante de « haine » fait passer la peine maximale de 2 ans à 5 ans de prison, tandis qu’une peine de 14 ans frappant un acte plus grave peut passer à la perpétuité en cas de motivation raciste avérée. Avérée ou non ! On sait combien dans ce domaine le subjectivisme idéologique peut jouer.
Le projet de loi supprime également l’exemption religieuse prévue par la loi actuelle concernant l’interdiction de « diffuser des propos » qui encouragent ou incitent à la « haine envers tout groupe identifiable ». Sous le régime actuel, un prévenu en mesure de démontrer qu’il avait « de bonne foi exprimé (…) une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur la croyance en un texte religieux » n’est pas jugé coupable d’un crime de haine. A l’entrée en vigueur de la loi C-9, citer des versets de la Bible (ou de la Torah ou du Coran) qui condamnent, par exemple, l’homosexualité, la transidentité ou l’avortement pourrait valoir à quelqu’un de se retrouver derrière les barreaux. Et il ne faut pas croire qu’on agite là un drapeau rouge : des députés de gauche ont explicitement fait savoir que tel était leur objectif.
« C’est un jour sombre pour la liberté de religion et la liberté d’expression au Canada », a déclaré Jeff Gunnarson, président national de la Campaign Life Coalition (CLC), dans un communiqué. « L’adoption de cette loi profondément inquiétante ne nous empêchera toutefois pas de proclamer la Parole de Dieu, même si les vérités bibliques sont de plus en plus souvent qualifiées de haineuses par ceux qui sont hostiles au christianisme. »











