Sur le Liban, le détroit d’Ormuz, la guerre en Ukraine, la dette, le prix du pétrole, le nucléaire, Emmanuel Macron ne peut rien, mais sur les vitraux de Notre-Dame il peut tout. Plus fort que Louis XIV : celui-ci décidait de sa galerie des glaces mais n’aurait pas touché une pierre de la cathédrale de Paris. Six vitraux existants vont être démontés et remplacés par ceux de Mme Claire Tabouret, plasticienne. L’autorisation de travaux a été affichée. Ce fait du prince va contre le bon sens budgétaire : la chose coûtera au bas mot 4 millions. Contre l’avis de la commission du patrimoine compétente, qui a rendu à deux reprises un avis négatif. Contre une pétition qui a tout de même réuni 335.000 signatures, sur un sujet qui ne passionne hélas pas tout le monde. Et, ce qui est plus surprenant, pour un chef d’Etat qui ne cesse de l’invoquer, contre le droit international. Les vitraux de Viollet-le-Duc qui seront remplacés ont été préservés durant l’incendie, ils sont en bon état. Or la charte de Venise, qui régit depuis 1964 la conservation et la restauration des monuments, impose « le respect de la substance ancienne et des documents authentiques ». En particulier, « toute construction nouvelle, toute destruction et tout aménagement qui pourrait altérer les rapports de volumes et de couleurs seront proscrits ». Ajoutons pour finir que : « Le jugement sur la valeur des éléments en question et la décision sur les éliminations à opérer ne peuvent dépendre du seul auteur du projet. » Macron est un Ubu maigre à rouflaquettes grisonnantes.











