fbpx

Macron et le remaniement : Star Academy deuxième saison

Macron Remaniement Star Academy Deuxième Saison
 
Habemus remaniement. Deux semaines ont suffi à Emmanuel Macron à remplacer une dizaine de ministres et secrétaires d’Etat. En 2017 le président, outre des vieux chevaux et un écolo, avait promu des inconnus comme à la Star Academy. Il persévère en deuxième saison.
 
« Tout ça pour ça ». L’opposition est contre. « Un nouveau souffle ». Les fans de Macron sont pour. Le remaniement a tant tardé que tout a été dit sur lui. Ils ne veulent pas y aller. Les rats ne montent pas sur un bateau qui coule. C’est la fin de la Macronie. C’est Macron qu’il faut remanier. Ou encore, la montagne a accouché d’une souris.
 
En réalité, c’est une souris qui a accouché d’une souris, avec forceps et péridurale. Le premier gouvernement Philippe, formé en mai 2017 alors que l’illusion Macron jetait tous ses feux, n’avait ramené dans ses filets que trois gros poissons, Bayrou et sa Sarnez affamés de portefeuilles comme un requin de barbaque, et Nicolas Hulot que la soif des paillettes ministérielles mettait dans les mêmes dispositions. Autant dire rien : Macron jetait dans la politique des novices pour faire du spectacle, comme dans la Star Academy.
 

La première saison de Star Academy a lancé Collomb et Nyssen

 
Bien qu’il soit aujourd’hui de saison de dire du mal de Macron au lieu d’en dire du bien, ni l’homme ni sa méthode n’ont changé. La star Academy vaut ce que vaut le casting. La première saison a promu une star, Gérard Collomb, maire de Lyon ennuyeux et inconnu devenu ministre impuissant et ronchon, et un prix citron, Françoise Nyssen, fille bobo d’éditeur qui fait construire sans permis. Ils laisseront peut-être un nom. On se souvient un peu de Nolwenn Leroy.
 
On verra bien pour la deuxième saison, mais le cocktail de Ministre Academy ne change pas. Il y a ce qu’il faut de société civile, et, du côté des politiciens, toute la droite de la gauche et toute la gauche de la droite sont représentées, sans oublier l’extrême-centre. C’est garanti pur progressiste, sans benzène, gluten ni produits nauséabonds. De quoi affronter aux Européennes la lèpre populiste.
 

Le remaniement de Macron satisfait le dégagisme

 
Macron a parfaitement raison de procéder ainsi. Il récompense des amis. Il fait de la place aux jeunes. Il répond au besoin de dégagisme grandissant en France : vous n’aimez pas les vieilles gueules des politicards qui vous bernent depuis quarante ans, je vous en mets des inconnues, cela renouvelle le jeu de massacre.
 
Et puis, qui pourra se plaindre ? Frank Riester, par exemple, il est excitant comme un doc martins conservée dans la saumure, c’est le genre de puceau que BFMTV invite pour débiter de l’eau tiède dans ses débats, et cela fait rire de le voir à la culture, mais on y met traditionnellement les déchets les plus soumis ou les plus pervers, et qui regrettera la Nyssen ? A l’agriculture c’est pareil. Didier Guillaume est un parfait inconnu à la Star Academy, il a donc sa petite chance de réussir : ce n’était plus le cas de cette tache parfaite de Stéphane Travert.
 

Des deuxièmes couteaux et le surin de Christophe Castaner

 
Les autres, ce sont des pions B qui remplacent des pions A, ou inversement, l’avenir nous le dira. Sauf Castaner. C’est un gars sympa du Sud, voyou comme le premier de classe Macron les aime, la barbe à la Gainsbourg sur une tête de garçon boucher qui rentre de biture. Il a un peu traînassé jeune, eu son bac au rattrapage à vingt ans, s’est fait du blé au poker à Marseille, y a fréquenté le caïd de la Dream Team, Christian Oraison, dont il assure : « C’était mon grand frère, mon protecteur ». Le Pen (le vrai, Jean-Marie) a raison de dire que c’est « Vidocq » place Beauvau. Ça fait les meilleurs flics. Avec Macron, il y a toujours du spectacle. En avant pour la deuxième saison !
 

Pauline Mille