Macron a pris sa plus belle plume pour demander à Trump de lever les sanctions américaines contre trois Européens dont deux Français coupables d’avoir déplu à Washington. L’ancien commissaire européen Thierry Breton, l’un des artisans de la directive européenne sur les services numériques est interdit de séjour aux Etats-Unis depuis Noël. L’homme est pénible et la directive est, comme l’a noté le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, un « acte flagrant de censure exterritoriale ». Rubio a raison, mais le drame est que les Etats-Unis se livrent eux même à des actes de censure, et même de piraterie, exterritoriale, comme par exemple leurs sanctions contre les concurrents économiques qui leur déplaisent (Alstom, Volkswagen, BNP Parisbas, etc.). Une seule différence : l’Amérique est forte et l’Europe est faible. Le deuxième puni (depuis août 2025), Nicolas Guillou, juge à la CPI de La Haye, a été en outre privé de sa carte Visa (entreprise américaine). Son crime ? Il faisait partie de ceux qui ont émis un mandat d’arrêt international contre Benyamin Netanyahou. On pense ce qu’on veut de Netanyahou, de Gaza et de la CPI, mais, comme le dit Macron, « les sanctions adoptées contre Nicolas Guillou portent atteinte au principe d’indépendance de la justice et au mandat de la CPI ». Plus, les intérêts américains ne sont même pas en jeu comme ils le sont dans l’affaire Breton. Cela veut dire que Trump, au même moment où il reproche à l’Europe de se mêler de tout, fait la même chose en pire. Mais, on le sait depuis longtemps, la raison du plus fort est toujours la meilleure.











