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Les maires de France face à la baisse des dotations de l’Etat

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Les maires de France se sont rendus samedi à la rencontre de leurs administrés, et un certain nombre d’entre eux ont manifesté leur inquiétude face à la baisse des dotations de l’Etat. Une politique, affirment-ils, qui va fortement peser sur l’investissement local.
 
A l’appel de l’Association des maires de France (AMF), de nombreux élus ont demandé de relayer leur « appel pour les communes de France », une pétition en ligne qui, à 17 h 00, avait déjà recueilli un peu plus de 35.000 signatures sur les 50.000 escomptés.
 

Importante baisse des dotations de l’Etat pour les communes

 
« L’Etat a décidé de réduire de 30% les dotations accordées jusque-là aux communes et intercommunalités pour assurer leurs missions. Cette baisse massive est sans précédent et concerne chaque commune ou intercommunalité, chaque habitant, sans exception.
« Souhaite-t-on que les services de proximité rendus au quotidien à 66 millions de Français disparaissent ou soient drastiquement réduits ? Souhaite-t-on renoncer aux investissements publics ? Notre réponse est claire : c’est non ! »
 
Ainsi débute le texte de la pétition lancée par l’AMF, et par laquelle elle entend dénoncer l’ampleur des efforts demandés aux communes qui verraient ainsi baisser la dotation globale de fonctionnement de 15,8 milliards d’euros sur la période 2014-2017.
 
La suite du texte détaille quelques-uns de ses services que les communes, à ce compte, ne seraient plus en mesure de rendre.
 
L’effort imposé aux communes entre dans le cadre du plan d’économies de 50 milliards d’euros décidé par le gouvernement pour la période 2015-2017, et auquel les collectivités locales sont appelées à contribuer à hauteur de 11 milliards d’euros.
 
« Nous allons devant la population pour dire que c’est trop et trop vite », a déclaré le président de l’AMF, François Baroin, maire Républicain de Troyes. « Trop et trop vite, précise-t-il, ça aura des conséquences bien sûr sur les services publics, ça aura des conséquences sur les impôts, mais ça aura des conséquences sur les investissements publics, donc sur la croissance française. »
 

Les maires de France dans la tourmente

 
Ce « cri d’alarme » est relayé un peu partout en France, même si, à gauche, cela se fait avec moins de virulence. « Ce qui pose problème aujourd’hui, affirme néanmoins le maire socialiste de Strasbourg Roland Ries, c’est la rapidité avec laquelle il faut le faire ; et donc la revendication qui est la mienne, c’est d’avoir un meilleur étalement dans le temps de ces nécessaires économies. Et ça, le compte n’y est pas aujourd’hui. »
 
Qu’importe, en définitive, que ces inquiétudes viennent de droite ou de gauche. Depuis Tulle, dont il a été maire sept années durant, François Hollande a rappelé vendredi soir qu’il connaissait les impératifs de gestion d’une collectivité, sans, pour autant, donner de signe d’inflexion. « Tous les acteurs publics doivent faire des économies, a-t-il au contraire réitéré. Nous devons tous réduire un certain nombre de dépenses qui ne sont pas essentielles pour mettre davantage la priorité sur ce qui compte. »
 
Les calculs sont toujours délicats lorsque les politiques se réveillent trop tard. La situation économique actuelle justifie sans doute ces remèdes drastiques. Mais il y a sans doute façon et façon d’agir. La brutalité du procédé aujourd’hui en cours risque ainsi de ne pas demeurer sans conséquences, notamment lors des prochaines élections régionales qui se tiendront dans un peu moins de trois mois.
 

François le Luc