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DRAME Mal de pierres •


 
Mal de pierres est initialement un roman italien, écrit par Milena Angus. Le titre renvoie à une maladie particulière, dont souffre le personnage principal, la maladie de la pierre ou lithiase urinaire : il s’agit d’une maladie des reins ou des voies urinaires, dans lesquels se forment des calculs. Elle est fort douloureuse, et potentiellement mortelle. Nous ne connaissons pas le roman, mais à de multiples indices, nous le devinons excellent. Ce film en est donc la transposition, et illustre d’emblée la difficulté de l’exercice une transposition. Une grande fille adulte de riches propriétaires terriens, à l’intérieur de la Provence, au début des années 1950, développe un comportement bizarre, qui confine à la folie. Aussi son mal de pierres a-t-il été pris longtemps pour une simulation d’esprit malade. Son comportement perturbé est délicat à mettre en image : les fous ne sont pas le plus souvent des êtres délicats et poétiques, égarés dans un autre monde joyeux, mais des êtres qui souffrent terriblement, avec des comportements agressifs ou, problème pour le spectateur honnête au cinéma, exhibitionnistes…Certaines choses, selon nous, ne devraient pas être montrées mais suggérées. Pour du cinéma français d’aujourd’hui, avec un sujet pareil, la réalisatrice–vedette Nicole Garcia a fait preuve d’une relative retenue, mais c’est toujours trop.
 

Mal de pierres : mune histoire originale

 
Passé ce premier choc pénible, le film ne cesse de se bonifier et réussit à intéresser. La mère, solide paysanne pleine de bon sens, finit par donner à sa grande fille ingérable, qui à part des bêtises ne fait rien dans sa vie, le choix suivant : où elle est internée à l’asile psychiatrique de Marseille où elle épouse un homme sélectionné par ses soins. Ce dernier est un travailleur espagnol, véritable réfugié de la guerre civile dans son pays (1936-1939), sérieux, beau, mais pauvre, donc tenté par l’offre consistant à pouvoir fonder son entreprise en se mariant avec la capricieuse. Il faut remarquer la justesse du bon sens populaire : un mari peut réussir à calmer, à recadrer sans violence une demi-folle, ce que n’aurait jamais pu faire une fausse science freudienne.
 
Toutefois, subsiste une lutte dans l’esprit encore confus de cette femme entre une tendance à retrouver une normalité, à devenir malgré tout une épouse et mère, sinon bonne, du moins convenable, et une tendance persistante au délire manifeste. Ce dernier peut prendre la forme d’une prétendue passion amoureuse pour un malade condamné rencontré en sanatorium en Suisse, prétexte à une pose de grande romantique malheureuse. Marion Cotillard interprète remarquablement cette femme tourmentée. Le vrai héros est en fait le mari, très méritant. Mal de pierres peut intéresser un public adulte curieux de cette histoire originale.
 

Hector JOVIEN

 
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