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La Canadienne d’origine haïtienne Michaëlle Jean nommée secrétaire général de la francophonie

Michaëlle Jean Canadienne Secrétaire général Francophonie
 
Après bien des débats et des oppositions, les 57 pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie, réunis pour leur quinzième sommet à Dakar, ont finalement réussi à trouver un successeur à Abdou Diouf à la tête de leur organisation. Il s’agit de la Canadienne d’origine haïtienne Michaëlle Jean, qui a donc été nommée dimanche secrétaire général de l’institution.
Cette nomination constitue une première pour l’OIF. D’abord, parce qu’il s’agit de la première femme nommée à ce poste. Ensuite, parce qu’elle n’est pas africaine. Haïtienne et descendante d’esclaves, elle a émigré au Canada, pour y devenir journaliste à la télévision. De septembre 2005 à septembre 2010, elle occupe le poste de gouverneur général du pays. Devenant de ce fait le représentant de la reine du Canada Elizabeth II, et commandant en chef des forces armées, elle renonce en 2005 à la nationalité française, acquise du fait de son mariage.
 
Faut-il voir tout de même le poids de la France dans cette nomination ? « La France n’a pas de candidat », a répété, soucieux de rompre avec l’image de la « Françafrique » dont il ne sait comment se dépêtrer, François Hollande ces derniers jours. En outre son favori, l’ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré, ayant perdu le pouvoir au mois d’octobre, et se trouvant sous le coup d’une demande d’extradition du nouveau pouvoir, pouvait difficilement concourir…
 

Difficile de trouver un secrétaire général de la francophonie…

 
Néanmoins, dans les divisions africaines actuelles, Paris n’a pas été tout à fait sans avis. Ainsi, la possibilité de voir le poste échoir au diplomate et écrivain congolais Henri Lopes était-elle mal vue par le gouvernement français, le Congo s’apprêtant à modifier sa Constitution pour permettre à son président, Denis Sassou-Nguesso, de se maintenir au pouvoir.
 
La difficulté a paru telle que François Hollande a fini par s’entretenir discrètement avec le président du Sénégal, Macky Sall, et le premier ministre canadien, Stephen Harper, principaux chefs d’Etat concernés par la question, pour tenter d’y trouver remède. Difficile de croire que le choix de Michaëlle Jean ne se soit pas dessiné au cours de cette réunion…
 

La vision de la Canadienne Michaëlle Jean

 
« J’entends répondre aux besoins et aux attentes des Etats et gouvernements membres de l’OIF tout en donnant une nouvelle impulsion à la Francophonie », a déclaré Michaëlle Jean après sa nomination, évoquant une nouvelle ère, « moderne et tournée vers l’avenir ». Avec un mot, aussi, pour les déçus africains de ne pas voir l’un des leurs nommés. Evoquant ses déplacements lorsqu’elle était gouverneur général, elle a déclaré : « J’ai vécu avec un bonheur immense cette Afrique qui me marchait dans le sang, qui me courait dans les veines… »