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Migrants : la Commission européenne fait avaler les quotas aux Etats-membres

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Le président de la Commission européenne, qui doit présenter, ce 9 septembre, de nouvelles propositions pour faire face à la crise des migrants, envisage, selon certains responsables européens, de quadrupler le nombre de demandeurs d’asile à répartir entre les Etats-membres de l’Union. Autrement dit, non seulement Jean-Claude Juncker leur fera avaler les quotas dont il prétendait plus ou moins avoir abandonné l’idée face à l’opposition des principaux pays européens, mais, en outre, ceux-ci semblent désormais d’accord.
 
Jeudi, en effet, l’Allemagne et la France se sont finalement rangées derrière la proposition de quotas obligatoires, malgré leur virulente opposition des mois derniers, et leur préférence affichée pour une répartition sur la base du volontariat.
 

Faire avaler les quotas aux Etats-membres

 
De fait, les offres volontaires des pays européens n’atteignaient pas le chiffre de 40.000 migrants qui étaient alors concernés, puisque l’on n’arrivait au total à des propositions pour 32.000 places – ce qui est, évidemment, nettement inférieur aux arrivées et ne satisfait donc pas Bruxelles.
 
Ce qui prouve que la discussion était faussée dès le départ. Le volontariat n’était en réalité valable que pour la répartition entre les Etats européens, et non pour ce qui est de l’accueil global des migrants. Dans ce cas, autant, effectivement, en revenir au système des quotas, puisque le volontariat est obligatoire. On fera ainsi l’économie de l’hypocrisie…
 
Surtout que, entre-temps, les migrants ont continué d’affluer, et que la Commission européenne entend désormais répartir 160.000 demandeurs d’asile arrivés ces dernières semaines en Italie, en Grèce et en Hongrie. En attendant, sans doute, les suivants !
 
Pour surmonter certaines réticences très fortes, notamment dans les pays d’Europe de l’Est, à accueillir ces réfugiés, la Commission envisage la possibilité de payer pour l’accueil de migrants par un autre pays-membre. Un peu comme autrefois l’on pouvait payer quelqu’un pour accomplir ses obligations militaires à sa place.
 

Accepter les migrants, ou payer…

 
Néanmoins, le ralliement sans conditions de l’Allemagne et de la France au système de quotas accentue la pression qui pèse sur ces pays récalcitrants.
 
Aussi le premier ministre hongrois Viktor Orban a-t-il annoncé être prêt à examiner une proposition sur les quotas de répartition : « Il y a une approche différente sur toutes ces questions, entre pays occidentaux et pays d’Europe centrale. (…) Ce n’est pas bon, nous aimerions donc coopérer et trouver un terrain d’entente. »
 
Son homologue polonais, Ewa Kopacz, tout en réaffirmant son opposition à la mise en place de quotas, a souligné que Varsovie était prête à « discuter de l’ampleur de [son] engagement sur une base volontaire ».
 
A en croire cependant leurs déclarations constantes, on doute qu’ils adhèrent jamais à un mécanisme automatique et centralisé de répartition des migrants.
 
Pourtant, ainsi que l’observe justement vendredi le Haut commissaire de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, l’Union européenne est à un « moment charnière ».
 

Le non-sens politique de la Commission européenne

 
Le constat est juste et tragique. Sans politique commune, le camp des saints européen risque de crouler sous un flot de migrants tel que nos pays ne sauront faire face aux difficultés de plus en plus grandes qui se feront alors jour.
 
Evidemment, la solution prônée qui consiste à en accueillir toujours davantage, et jusqu’à plus soif, ne saurait être envisagée réellement, car il ne s’agirait, en réalité, que d’accepter sans réagir une situation qui nous dépasse et finirait par nous engloutir. Ce n’est donc pas, ce ne peut être une solution.
 
Il est vrai que, comme en toute tragédie, les solutions ne sont jamais totalement satisfaisantes et toujours difficiles à prendre. L’heure est indubitablement au courage politique !
 

François le Luc