La chronique de Bayeux est la principale source racontant la conquête de l’Angleterre par Guillaume le bâtard, duc de Normandie et vassal du roi de France Philippe Ier, lors de la bataille décisive de Hastings, 1066. Elle célèbre la geste de l’armée des Francs, qui comprenait, à côté des Normands de Guillaume, des Bretons, des Picards et d‘autres contingents. La tapisserie de Bayeux, conservée à l’abbaye de Bayeux, en est en quelque sorte la transcription sur tissu, longue de 70 mètres et haute de 50 centimètres. Fabriquée à l’abbaye avant 1083 sur commande de l’évêque Odon de Bayeux, demi-frère de Guillaume, elle est très endommagée et fragile et n’a été déplacée que deux fois, avant qu’Emmanuel Macron ne promette à Charles III de la prêter aux Anglais en juillet dernier. De l’avis des experts, le voyage risque de lui être fatal. La Tribune de l’art a fait circuler une pétition contre ce transfert d‘une œuvre sans équivalent. Même en Grande Bretagne les gens cultivés s’y opposent, c’est le cas du peintre David Hockney qui a interpellé dans The Independent le British Museum à propos de cette « folie ». Réponse du musée : on est compétent et on fera attention. Et en plus, on a souscrit une assurance qui prendra effet de septembre 2026 à fin 2027 et couvrirait tout préjudice jusqu’à 800 millions de livres, soit 917 millions d’euros. Merci pour le contribuable britannique, mais ça n’a rien de rassurant : si la tapisserie de Bayeux part en lambeaux, ce n’est pas ce petit milliard qui la remplacera.











