Miss Finlande exclue pour racisme : la fin de l’Europe blanche

Miss Finlande exclue racisme
 

C’est une histoire de cornecul qui fait d’abord hurler de rire – jaune – et finit par symboliser notre déclin, celui de l’Europe, celui de la race blanche, celui de la pensée. Et l’essor d’un totalitarisme participatif qui surveille tout. Au départ, Sarah Dzafce, élue Miss Finlande en septembre, publie en novembre un selfie où elle s’étire les yeux avec la légende : « En train de manger chinois. » A l’arrivée la Miss perd sa couronne, exclue des personnes fréquentables pour racisme, notre confrère Le Monde titre : « La Finlande secouée par un énième scandale raciste », et le Premier ministre finlandais présente ses excuses à la Chine, à la Corée, au Japon. Incroyable, vrai, inéluctable, et représentatif de la fin d’un monde sous l’acide de la révolution arc-en-ciel.

 

L’offense de Miss Finlande lui vaut d’être exclue

On le sait depuis l’origine, les Miss sont une affaire politique. Leur inventeur, le Belge Maurice de Waleffe voyait dans leur élection le choix du « type instinctif d’une nation ». Hitler et Staline s’en méfiaient. Miss Afrique du Sud est devenue noire l’année de la fin de l’apartheid. Miss Zimbabwe a choqué le public local en 2023 parce qu’elle était blanche. On a mis fin aux bikini aux Etats-Unis pour montrer que la beauté intérieure compte autant et plus que l’autre. D’autres Miss portent un voile pour montrer que leurs convictions religieuses comptent plus que les conventions du concours. Les concurrentes pour Miss Terre se bardent de diplômes écolos, etc. Pourtant, dans l’ensemble, les concours de beauté relevaient quand même encore du divertissement. Jusqu’à cette affaire de commissures tirées. Les réseaux sociaux se sont enflammés. Des centaines de little brothers and sisters, indignés ou jaloux, ont jugé le geste inapproprié. Miss Finlande a eu un comportement offensant. Le comité l’a exclue, et tout le monde juge cela juste. Hausser les épaules, éclater de rire, montre au mieux qu’on « n’a plus les codes » de la société d’aujourd’hui, au pire qu’on nage dans le racisme.

 

A la fin, les Miss sont une affaire trop sérieuse

Peut-être le geste de Miss Finlande n’est-il pas très réfléchi. Les histoires belges non plus, ni tant d’autres faits insignifiants. Mais le drame, et l’erreur, est de prendre cela au sérieux. D’y voir une « offense », pour reprendre le mot anglo-saxon. Le mot offense n’est pas neutre, il rappelle qu’une chaîne de pseudo philosophes et sociologues révolutionnaires, au nom du « tout est politique », ont volontairement monté des riens en épingle pour désigner certains préjugés et comportements à la haine et au mépris. Il y a tant de préjugés plus préoccupants, mais ceux-ci ont le malheur d’être propre à l’Europe d’hier, blanche, chrétienne. Ils sont donc offensants. Intolérables aux flocons de neige – et toute la société, sous le feu d’une propagande incessante, est devenu un flocon de neige qu’un rien blesse. La nouvelle Europe n’admet plus les plaisanteries douteuses. Or, dans le mélange sans frontière du divertissement et de l’idéologie que provoque l’arc-en-ciel, les Miss sont devenus les ambassadrices du conformisme dominant : il fallait donc l’exclure.

 

Picrochole, le racisme, l’Europe blanche et Le Monde

Après quoi, l’anecdote suit le schéma ordinaire depuis les guerres picrocholines : trois élus du parti populiste finlandais ont imité le geste de Miss Finlande. Cela a suscité l’émotion de.. Dérapage ! Racisme ! Réclamations ! Le Premier ministre conservateur finlandais a présenté ses excuses ! Qu’il est loin le temps de la canonnière du Yang Tse ! Et pourquoi se limiter à la Chine, aux Corées, au Japon ? Quid du Vietnam ? Et puis le finnois est une langue finno-ougrienne, une langue jaune, donc. Et les Lapons ont du sang de là-bas. Que faire ? En tout cas, ne pas sourire. On ne sourit pas ! Jamais, depuis Simone de Beauvoir, Franz Fanon et Bourdieu. On démêle des rapports de domination jusque dans le vermicelle des soupes lyophilisées. Miss Finlande, une bien jolie personne pourtant, en est quitte pour ses pleurs, ça lui fera les pieds, le monde continue à tourner et Le Monde à éditorialiser.

 

Pauline Mille