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Le retour de Nicolas Sarkozy, qui veut présider l’UMP… et la France

Nicolas Sarkozy retour Juppe Fillon
 
Nicolas Sarkozy est de retour ! Difficile de croire que les Français, malgré le relatif silence de l’ancien président ces derniers mois, en soient surpris. Il veut revenir pour présider l’UMP, mais surtout pour la France. Par « envie » certes ; mais surtout, affirme-t-il, parce qu’il n’a « pas le choix ».
 
Sur le plateau télévisé de France 2, l’ancien président le dit très clairement : « Je ne veux pas que mon pays soit condamné entre le spectacle humiliant que nous avons aujourd’hui et la perspective d’un isolement total qui serait la perspective du Front national. Non seulement j’ai envie, mais je n’ai pas le choix. » Pour lui, seuls comptent aujourd’hui les Français, « bien au-delà des clivages habituels, droite, gauche, centre, écologistes, libéraux, qui n’ont plus aucun sens ».
 
La référence au Front national est claire. Mais elle ne se limite pas, comme dans le discours d’un Alain Juppé, au repoussoir que ce parti constitue habituellement – mais peut-être de moins en moins – en politique. Il a parfois trop tenu, lors de son passage à l’Elysée, un discours de droite pour pouvoir se le permettre. Alors, en l’évoquant, il ne cherche pas tant à faire oublier la ligne Buisson, qu’à faire admettre à tous les Français, « au-delà des clivages habituels » qu’ils abandonnent aux autres, qu’il a muri, réfléchi…
 

Contre Hollande

 
Pour autre preuve, une espèce d’humilité nouvelle dans le discours du Sarkozy nouveau, concédant avoir cru pouvoir réussir seul. « Or il n’y a pas de réussite individuelle. » Une modestie qui a ses limites : s’il n’a pas le choix, c’est assurément qu’il pense être le seul capable.
Et s’il ouvre le débat – et peut-être même la campagne – présidentiel, ce n’est pas d’abord contre François Hollande, qu’il balaye d’un geste, d’un mot : « Que reste-t-il de la longue série d’anaphores, vous savez, moi président ? Une longue litanie de mensonges ! »
 

Un retour mal admis

 
Non ! Là où il lui faut désormais agir, c’est au sein même de son camp, face à ses deux principaux adversaires : Alain Juppé et François Fillon. Mais Nicolas Sarkozy n’est pas un imbécile. Loin de les attaquer, il souligne leur mérite, assurant avoir de l’admiration pour le premier, et avoir travaillé sans nuage avec le second.
 
Les amis de trente ans, en revanche, ont fortement réagi. Serait-ce parce que, à force d’entendre crier « Au loup ! », ils n’y croyaient plus ? Nombre de ses anciens proches n’ont donc pas hésité à critiquer leur ancien mentor, allant jusqu’à affirmer que Nicolas Sarkozy n’avait rien à proposer de nouveau. Chantal Jouanno, qui lui doit tout de même d’avoir été ministre, résume cette opposition d’un net reproche : « Difficile de commenter l’interview de N Sarkozy au delà de la forme puisqu’il n’y a rien sur le fond… »
 

Sarkozy contre Juppé et Fillon. Ou l’inverse

 
Ses rivaux directs sont encore plus incisifs. Alain Juppé, qui dévoilait les grandes lignes de son projet au moment même où Nicolas Sarkozy répondait, sur France 2, aux questions des journalistes, se veut ironique : il estime, en effet, qu’il vaut « mieux ne pas se livrer à un match » en matière d’ennuis judiciaires. Manière délicate de souligner que celui qui semble vouloir de nouveau tout présider n’est pas le mieux placé. D’autant, sans doute, que Nicolas Sarkozy est habituellement perçu comme le candidat de la finance, le candidat des banques. Or les attaques contre celle-ci ne sont plus le monopole de la gauche ; il y a désormais une bien-pensance généralisée contre le monde de l’argent. Et derrière la plaisanterie judiciaire, c’est sans doute cela que vise Alain Juppé. Avec, peut-être, l’appui des loges ?
 
Le maire de Bordeaux a continué sur le ton de la galéjade : « Quand je me rase tous les matins, je ne pense pas à Nicolas Sarkozy. » Attention, M. Juppé, l’époque n’est pas trop à la blague dans le cœur des Français…
 
François Fillon, lui, s’est voulu moins volubile. « Mon rôle au sein de la direction collégiale me commande de ne pas prendre parti, de rester au-dessus de cette compétition interne. » Ce qui ne l’a pas empêché d’asséner : « Je n’ai pas le culte des sauveurs, mais le culte des idées. »
 
Mais Sarkozy n’en a cure. Il a déjà prévu de changer l’organisation de l’UMP, et jusqu’au nom du parti…
 

Questions sans réponses

 
Bref ! le niveau n’est guère brillant, et fait penser, en moins sincère, à la bagarre d’une cour de récréation. Et pendant ce temps-là, Nicolas Sarkozy ne répond pas à certaines questions délicates. Ainsi du mariage pour tous, dont il estime désormais que ce n’est pas un problème essentiel. De quoi mécontenter tous ceux qui, au cours de l’année dernière, sont descendus dans la rue. Mais il est vrai qu’on ne peut contenter tout le monde… et les inconciliables. Quand on veut présider, il faut bien faire des choix.