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Noël, ou le prix de la miséricorde

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Noël ! Devant la crèche si charmante, le bambin aux cheveux bouclés entouré de la Vierge au doux regard de mère et de saint Joseph, attendri, adorant, les familles s’agenouillent et chantent le Divin Enfant. Dieu a fait son entrée charnelle dans notre histoire, son image est au centre de nos petites « églises domestiques » et Il attire chacun, gravant dans les cœurs la nostalgie des nuits saintes de l’enfance qui résonnera jusqu’au jour de la mort, et de la rencontre définitive avec le Dieu de Justice et de Majesté, de Miséricorde et d’Amour.
 
Le Verbe incarné se fait notre frère, et même notre petit frère, et nos chants de Noël sont autant de berceuses qui saluent la Mère comme l’Enfant. Le regard des chrétiens s’ouvre d’abord sur une famille dont une femme est la Reine, et le centre ce Dieu tout-puissant aussi faible qu’un nouveau-né, ouvrant les bras pour bénir et se faire cajoler…
 
Mais ces bras qui s’ouvrent prennent déjà la pose de la Croix, et ni l’or, l’encens et la myrrhe des mages ni les modestes cadeaux des bergers n’y feront rien : au cours de nos vies, nous lui apporterons, plutôt que caresses et consolations, quolibets, insultes, crachats, mépris par chacun de nos manquements et de nos péchés qui achèveront de le mettre à mort sur le Golgotha.
 

Noël ! La Nativité est la raison de notre joie

 
La Vierge sourit pourtant. Elle voit défiler les bourreaux de son divin Fils : certains osent venir tout près, d’autres détournent les yeux, délibérément, rejetant ses lois, innombrables enfin sont ceux qui passent indifférents, n’ayant pas reçu la Bonne Nouvelle de la Rédemption et de la vie éternelle… Sur tous elle se penche avec la même maternelle attention qu’elle a donnée à l’Enfant de la crèche. Elle, l’innocente, l’Immaculée, n’accuse pas. Elle nous prie d’approcher. Elle nous supplie d’approcher.
 
Pire… Mieux ! Elle est notre avocate. Elle viendra au dernier jour plaider la cause de ceux qui se seront réfugiés sous son manteau. Elle demandera miséricorde pour ceux qui auront frappé son tout-petit, et qui l’auront frappée, elle, puisqu’elle souffrira à travers lui comme toute maman souffre lorsque son enfant a mal.
 
Elle sait, elle, la Vierge des Sept Douleurs à qui, bientôt, sera faite la prophétie du glaive qui traversera son cœur, que son enfant s’offrira en holocauste. Il suffisait de l’écouter en son chant du Magnificat : pétrie de la Bible, pénétrée de la Parole de Dieu, elle a compris son destin de Vierge-Mère et celui du tout-petit qu’elle tient dans ses bras, et qu’elle tient de Dieu même. Il est le Premier-Né qu’elle donne pour le sacrifice ; elle lui a donné sa chair et son sang pour qu’ils puissent être offerts sur l’autel du supplice.
 

La miséricorde à travers l’Incarnation et la Croix

 
Elle sait, Marie notre avocate et notre refuge, pourquoi ce poupon a été posé dans une crèche et fait chanter des mélodies aimables aux petits comme aux grands. Il vient pour l’homme révolté, l’humanité pécheresse, sa créature qui n’a pas voulu le servir ni l’aimer. Il vient laver les fautes, rendre l’innocence, ouvrir les portes du ciel… Ses souffrances seront atroces, à la mesure des horribles péchés des hommes qu’Il acceptera de prendre sur lui dans sa Passion. L’homme a rompu l’alliance nouée par Dieu dès le premier jardin ; mais c’est Dieu lui-même qui la rétablit en prenant part à la mort physique qu’entraînait la rupture, et en sauvant l’homme de la damnation éternelle qui devait être son lot.
 
Le prix payé par le Verbe incarné peut sembler lointain au moment de nos Noëls, tout de douceur et de tendresse. Mais c’est lui qui donne tout son sens à cette douceur et à cette tendresse, c’est le prix payé pour que les hommes puissent devenir enfants de Dieu. La Miséricorde est au cœur de Noël, elle est belle, elle est attirante, mais elle n’est ni mièvre, ni bon marché…
 
Cette Miséricorde de Dieu est un défi autant qu’un don, auquel il n’est possible de répondre que par l’humilité, le regret des fautes et l’amour, pour que toutes choses soient rectifiées. Touchés par l’Enfant de la crèche, comme nous le serons par le Christ en Croix… C’est la même logique et la même histoire qui mènent vers la Résurrection et la vie éternelle, où Dieu se fera infiniment proche dans sa grandeur même. Plus proche encore que dans la nuit de Bethlehem.
 

« Je vous demande pardon pour ceux qui ne vous aiment pas… »

 
Elle va plus loin, exige davantage… C’est la prière enseignée par l’Ange aux enfants de Fatima : « Seigneur, je crois, j’espère, j’adore et je vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’espèrent pas, qui n’adorent pas, qui ne vous aiment pas. » Tel est le mystère de notre Dieu, de ce Jésus qui aime son Père et lui demande pardon pour ceux qui ne le font pas. Tel est le mystère de Marie Immaculée, qui n’est qu’amour pour son Fils et lui demande de pardonner nos péchés…
 
Alors que notre monde sombre dans la folie du refus de Dieu, Marie, Secours des chrétiens, est toujours là, tournant nos regards vers la Miséricorde et ouvrant le chemin vers son Fils. Elle est la réponse aux questions que l’on se pose chaque jour avec plus d’angoisse : où allons-nous ? Où va le monde ? Que faire devant les périls qui menacent ? « Mais priez, mes enfants, mon Fils se laisse toucher… »
 
Au nom de Reinformation.tv, je vous adresse nos vœux de bon et saint Noël ; en vous souhaitant cette sérénité et cette espérance qu’apporte la réponse définitive au mal, tant dans la crèche que sur la Croix.
 

Anne Dolhein