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Obama est sur le point d’approuver l’envoi d’armes offensives en Ukraine

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A l’heure où l’on parle davantage des fracassantes arrestations publiques en Ukraine de politiques soupçonnés de corruption – le directeur du service d’État pour les situations d’urgence et son adjoint ont été arrêtés, mercredi, en pleine réunion gouvernementale retransmise à la télévision –, il faut pourtant tourner ses regards vers l’Amérique qui, par la voix de ses députés, a exhorté lundi l’administration Obama à commencer l’envoi – « officiel » – d’armes offensives à Kiev. Une résolution approuvée par une majorité de Républicains et de Démocrates pour fournir des armes et du matériel militaire lourd aux forces ukrainiennes.
 
Le président de la Chambre a décrit ce vote comme une incitation à agir et a dit que le Congrès était largement favorable à davantage de soutien militaire. « Sans l’action de cette administration, l’agression russe restera non maîtrisée », a-t-il déclaré. Il faut cesser de considérer la crise en Ukraine comme un « conflit lointain », a lancé le démocrate américain Eliot Engel. « Cette guerre a fait des milliers de morts, des dizaines de milliers de blessés, un million de personnes déplacées, et commence à menacer la stabilité de l’Europe ».
 

Pour des armes offensives en Ukraine

 
La chose s’est faite doucement – politiquement. La Maison Blanche approvisionne déjà largement Kiev. Le Congrès américain a voté le 12 décembre dernier une augmentation de l’aide militaire, 350 millions de dollars sur trois ans. Pour le seul mois de mars, elle a promis 75 millions de dollars d’équipements militaires dits « non-létaux » (gilets pare-balles, drones d’observation Raven, radars anti-mortiers ou lunettes infrarouges). Ainsi que 230 véhicules de transport Humvee, dont 30 blindés.
 
La question d’une éventuelle livraison d’armes offensives se pose depuis plusieurs mois, sans que l’administration Obama y donne suite, affichant publiquement une certaine réticence. Au sommet de Minsk pour la paix en Europe, tout début février, sous l’égide de Berlin et de Paris, Obama a mollement évoqué cette éventualité. Alors que cette perspective s’oppose aux souhaits de la très grande majorité des politiques européens, de l’Est à l’Ouest, pour qui « la solution militaire » n’est pas l’issue.
 

Un consensus offensif : Obama va « céder »

 
Mais aux États-Unis, s’est mis en branle un consensus offensif. Si Ben Rhodes, le conseiller adjoint à la Sécurité nationale d’Obama, a estimé que « la livraison d’armes aux forces ukrainiennes n’aiderait pas à régler le conflit dans le Donbass », il est bien le seul ou presque. Du chef d’état-major des armées, le général Martin Dempsey, qui pousse à « une assistance militaire létale », au directeur des services de renseignement, James Clapper, en passant par le commandant des forces alliées en Europe, Philip Breedlove, ou même le secrétaire à la Défense, Ashton Carter, tous œuvrent en ce sens.
 
Le 1er février, était déjà publié un rapport émanant de trois centres américains d’analyse politique et signé de diplomates et militaires de hauts rang (dont l’ancien commandant adjoint du commandement de l’OTAN en Europe James Stavridis), sous le titre Le maintien de l’indépendance ukrainienne et l’opposition à l’agression russe. Ce que doivent faire les États-Unis et l’OTAN. Qui préconisait fortement l’envoi au profit de l’armée ukrainienne d’équipements militaires létaux – parmi lesquels les fameux lance-missiles antichars Javelin – pour un coquet montant de 3 milliards de dollars.
 
Obama, officiellement, se tient à distance de cette ligne offensive très incitatrice, qui semble lui être imposée. Il n’est pas certain qu’elle le soit parfaitement. La confrontation Est/Ouest aura-t-elle lieu ? L’Otan et Kiev accusent la Russie d’envoyer des milliers d’hommes et des armes lourdes dans l’est de l’Ukraine pour soutenir les séparatistes pro-russes. Moscou, de son côté, dément être directement impliquée dans les combats. Mais lequel des deux partis souhaite le plus cette nouvelle guerre froide, conséquence de la destitution de Ianoukovitch provoquée par les Etats-Unis ? Obama risque bien de franchir le seuil, l’Europe ne pouvant que gentiment opiner du chef en assistant sur son sol à une guerre provoquée par les Etats-Unis et menée avec des armes fournies par les Américains…