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Obama va-t-il vers la ratification illégale du traité de l’ONU sur le changement climatique au nom des Etats-Unis ?

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L’approche de la réunion du G20 en Chine voit aussi bien Pékin que les Etats-Unis s’escrimer pour obtenir une ratification rapide du traité de l’ONU sur le changement climatique : on voudrait que tout soit bouclé avant. Mais à la différence de la Chine, où le congrès national du peuple – certes totalement inféodé au pouvoir communiste – débat à travers sa commission permanente en vue de l’approbation du traité, les Etats-Unis semblent devoir être entraînés par Obama vers une ratification illégale. Le président américain sait fort bien que l’accord du Congrès des Etats-Unis est très loin d’être acquis. La solution ? Barack Obama se met en quatre en vue de ratifier le traité à lui tout seul, faisant fi des procédures normales.
 
Obama et la Maison-Blanche avancent que l’accord de la COP 21 négocié à Paris sous l’égide de l’ONU est un simple « accord exécutif », auquel il suffirait donc la signature du président pour rendre sa ratification effective.
 

Obama essaie d’imposer la ratification illégale du traité sur le changement climatique

 
C’est ce qu’a annoncé lors d’une conférence de presse à la Maison-Blanche un haut conseiller d’Obama, Brian Deese, invoquant « l’autorisé utilisée des dizaines de fois déjà dans le cadre d’accords exécutifs » par le président, qui pourrait ainsi déposer formellement l’« instrument d’acceptation et rendre le pays partie à l’accord de Paris ». Il revenait de Chine où il avait discuté, selon The New American, des meilleurs moyens pour obtenir ainsi une ratification express.
 
Alex Newman, spécialiste des questions climatiques pour le site conservateur américain, observe que la précipitation d’Obama pourrait bien lui jouer des tours. La loi fédérale américaine interdit officiellement toute subvention publique américaine à la bureaucratie de l’ONU chargée du climat : c’est un premier point. Mais le plus important, c’est qu’aucun pays au monde ne considère le traité de l’ONU comme un simple accord exécutif : presque tous les gouvernements l’ont présenté comme un « traité international de force contraignante » comme le prouve d’ailleurs le langage employé par le texte négocié à Paris.
 

Barack Obama veut engager les Etats-Unis sur sa seule signature

 
Si « les Etats-Unis » le ratifient de manière illégale par le truchement de Barack Obama, c’est le meilleur moyen d’assurer son effondrement futur. Constitutionnellement, le président des États-Unis a le pouvoir d’exécuter les lois et les traités et non de les tirer de son chapeau en prétendant les imposer aux Etats fédérés. L’accord de la COP 21 engage notamment ses membres à verser d’importantes contributions financières : à vrai dire, souligne Newman même l’accord du Sénat des Etats-Unis n’y suffirait pas puisqu’il prétendrait engager le pays dans un domaine où il n’a pas compétence.
 
A quoi s’ajoute le pas politique que veut franchir Barack Obama en s’alignant sur un Etat communiste – la Chine – et sa tyrannie.
 
Il y est également encouragé par Laurent Fabius, qui en tant que ministre des affaires étrangères de la France a présidé les négociations à Paris et qui a déclaré en juin, devant des délégations africaines, que le refus de ratifier du Congrès américain étant prévisible. Il allait falloir « trouver une formule qui vaille pour tous et qui vaille pour les Etats-Unis sans passer par le Congrès », disait-il alors. Ban Ki-moon s’est exprimé dans le même sens.
 

L’ONU, la France, la Chine poussent à la roue pour le traité sur le changement climatique

 
Pourquoi cette pression sur les Etats-Unis ? L’ONU comme la Chine sont d’accord pour dire que si Obama et Pékin ratifient l’accord, il entrera en vigueur et sera contraignant pour tous, au motif qu’il suffit de l’accord de gouvernements représentant 55 % des émissions humaines de CO2 pour boucler l’affaire. Comme l’a rappelé Deese, la Chine et les Etats-Unis ensemble représentent près de 40 % les émissions globales : s’ils ratifient, on sera bien plus près du but.
 
A l’heure d’écrire, une vingtaine de gouvernements seulement, représentant ensemble 1 % des émissions de CO2 humaine ont signé le traité.
 

Anne Dolhein