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Le cardinal Coccopalmerio propose d’inscrire l’obligation de prendre soin de la Création dans le droit canonique

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La folie environnementaliste ne fait que commencer… Le cardinal Francesco Coccopalmerio, président émérite du Conseil pontifical pour les textes législatifs, a appelé publiquement à créer une nouvelle obligation légale à laquelle devrait satisfaire tous les catholiques, en inscrivant dans le droit canonique le « devoir grave » de prendre soin de la Création.
 
Les catholiques seraient ainsi appelés non seulement à ne pas faire de tort à l’environnement, mais encore à « l’améliorer », et ce à travers un texte législatif qui, par nature, comporte des peines et des sanctions canoniques en cas de violation. Les catholiques seront-ils demain mis à l’amende – par un versement aux œuvres d’Al Gore – pour avoir mangé de la viande plus d’une fois par semaine ? Excommuniés s’ils roulent au diesel ? Condamnés à un chapelet par jour s’ils se chauffent à l’énergie fossile ? Et dire que l’on tourne en dérision ce qui reste de la l’obligation d’abstinence des vendredis…
 

Détourner le droit canonique pour la cause environnementaliste

 
Au-delà du persiflage, on est en droit de se demander à quoi pense ce prince de l’Eglise qui aurait, selon le vaticaniste Andrea Tornielli, d’abord fait sa proposition dans le cadre de la rencontre du 12 juillet au Vatican sur le thème « Dialogue sur les investissements catholiques en vue de la transition énergétique », qui s’est déroulée à huis clos en présence de représentants du Vatican et d’organisations catholiques. Mais la réponse est simple, hélas. Depuis Laudato si’ et les engagements répétés du pape François autour de l’écologie et de l’idée très gorbatchévienne de la « maison commune », l’environnement est devenu l’urgence morale numéro un, justifiant une multiplication de rencontres, de conférences et autres spectacles au Vatican pour rapprocher l’Eglise du monde et favoriser la mise en œuvre des exigences de la lutte contre le « réchauffement climatique ». La rencontre du 12 juillet venait ainsi compléter la réunion du pape avec les présidents des grandes sociétés pétrolières qu’il avait convoqués à Rome.
 
Quoi qu’il en soit, le cardinal assume et il a déclaré à Vatican Insider : « Le code de droit canonique, au début du deuxième livre, aux canons 208-221, sous le titre “Obligations et droits de tous les fidèles”, présente une liste de ses obligations et de ses droits, et pour cette raison, dresse un portrait faisant autorité du croyant et de sa vie en tant que chrétien. Malheureusement, rien n’est dit à propos d’un de ses devoirs les plus graves : protéger et promouvoir l’environnement naturel où vit le croyant. »
 
Et de préciser : « Ma proposition serait de demander au pape, au nom du dicastère pour les textes législatifs, d’insérer dans les canons que je viens de citer un canon à peu près semblable à ceci : “Tout fidèle chrétien, ayant à l’esprit que la création est notre maison commune, a le devoir grave non seulement de ne pas endommager, mais également d’améliorer, tant par son comportement normal qu’à travers des initiatives spécifiques, l’environnement naturel où chaque personne est appelée à vivre. »
 

La proposition du cardinal Coccopalmerio, une « banalisation du droit canonique »

 
Tout cela s’inscrit dans le cadre d’un activisme soutenu par le Mouvement catholique mondial pour le climat qui met actuellement en avant un programme d’investissement, « Divest-Invest Program » qui appelle toutes les institutions catholiques à s’engager publiquement à retirer tous leurs actifs des sociétés liées aux carburants fossiles en l’espace de cinq ans, pour les réinvestir dans des « sociétés socialement et éthiquement responsable qui protègent la création et tous ceux qui la partagent ».
 
La transition obligée vers les « renouvelables » embrigade ainsi la religion catholique avec la complicité de ses hauts responsables, au service d’une politique qui est à la fois profondément anti-humaine et malthusienne – comme celle qui a les faveurs de Jeffrey Sachs, invité à répétition du Vatican ces dernières années – et orienté vers un socialisme international qui se double d’une forme d’idolâtrie de la création.
 
Cette dernière tendance s’est manifestée ouvertement dans le document préparatoire en vue du synode pan-amazonien d’octobre 2019 que nous avons évoqué ici.
 
Le problème n’est pas celui de respecter et de prendre soin du monde qui nous entoure : Adam et Eve au premier jardin s’étaient vu confier cette mission. Il est dans les dérives politiques et religieuses qui s’associent aujourd’hui au commandement divin, en le dénaturant de fait, en le contredisant sur de nombreux plans, notamment en rejetant l’ordre clair : « Croissez et multipliez. »
 

Le cardinal Coccopalmerio : l’obligation de prendre soin de la Création doit être inscrite dans le droit de l’Eglise

 
Le canoniste américain Ed Peters voit dans la proposition Coccopalmerio une « banalisation » de la loi canonique – dont il faut rappeler qu’elle a pour objectif le salut des âmes et la justice au sein de l’Eglise.
 
Le cardinal Coccopalmerio, un proche du pape François, est également connu pour avoir publié un livret sur le chapitre 8 d’Amoris laetitia, plaidant à sa suite pour l’accès des divorcés « remariés » à l’absolution et à l’Eucharistie, affirmant que cela ne contreviendrait pas à la loi de l’Eglise ni à sa doctrine. C’est lui encore qui a suggéré récemment que les ordinations du clergé anglican pouvaient être valides du point de vue catholique. « Tout est lié », comme dirait le pape François.
 
On se souviendra de ce que le secrétaire du cardinal a été pris en flagrant délit par la gendarmerie du Vatican l’an dernier dans l’appartement qu’il occupait dans les bâtiments de la Congrégation pour la Doctrine de la foi en pleine orgie organisée par ses soins : une soirée « slam » associant drogues dures et sexe « gay ». Coccopalmerio avait proposé que l’on élève l’intéressé, Mgr Luigi Capozzi, à l’épiscopat.
 

Jeanne Smits