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Sexe contre aide humanitaire : l’ONU et les ONG au courant des abus sexuels depuis le début des années 2000 !

ONU ONG abus sexuels aide humanitaire
 
Deux journaux britanniques, le Times et l’Independent, ont dévoilé le 29 mai dernier l’existence d’un rapport de 84 pages de l’ONU datant de 2001 selon lequel des personnels de plusieurs organisations et agences humanitaires étaient impliquées dans un scandale d’échange d’aide humanitaire contre des services sexuels. Ce rapport est entre les mains de la commission du développement international de la Chambre des communes britannique qui enquête sur les pratiques d’exploitation sexuelle dans le secteur humanitaire. Cette enquête a été lancée après les révélations du Times en février sur les abus sexuels qui avaient cours dans l’ONG Oxfam. Citée par le Times, une députée conservatrice membre de cette commission estime que ce rapport soumis aux dirigeants du HCR en 2002 est « très important pour notre enquête parce qu’il montre que le secteur de l’aide humanitaire a des problèmes depuis de longues années mais n’a jamais réussi à les régler lui-même ».
 

Quinze ONG internationales visées par le rapport de l’ONU, dont Médecins sans Frontières

 
Selon la copie du rapport de 2001 obtenue par le Times, ce document produit par le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) et l’ONG Save the Children avait identifié plus de 40 organisations humanitaires « dont les personnels sont accusés de maintenir des relations d’exploitation sexuelle avec des réfugiés mineurs ». Outre de petites organisations locales, selon le Times, 15 ONG de portée internationale étaient pointées du doigt, dont Médecins sans Frontières, Care International, l’International Rescue Committee, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et le Norwegian Refugee Council. Toujours selon le Times, ce rapport n’avait jamais été publié.
 

Une enquête menée en Afrique de l’Ouest après des dénonciations de cas de conditionnement de l’aide humanitaire à des services sexuels

 
L’enquête à l’origine de ce rapport avait été menée en octobre-novembre 2001 en Afrique de l’Ouest après des informations sur de possibles abus sexuels par des travailleurs humanitaires dans des camps de réfugiés en Guinée, au Liberia, et au Sierra Leone. Mais l’ONU n’avait pas alors rendu public le nom des ONG visées afin « de protéger les témoins mineurs » et pour ne pas nuire à l’enquête, selon les déclarations recueillies par l’Independent qui a lui aussi eu accès à une copie de ce rapport. Les enquêteurs commissionnés par le HCR et Save the Children en 2001 ont parlé à environ 1.500 personnes et ont réussi à documenter des accusations d’exploitation et d’abus sexuels à l’encontre de 67 travailleurs humanitaires employés par les ONG et les agences de l’ONU. Aujourd’hui encore, certains des auteurs du rapport se souviennent avoir été très choqués par l’étendue de ces pratiques, mais au final leur enquête n’a débouché que sur le renvoi de moins de dix personnes – et zéro poursuite judiciaire. Selon le HCR, les ONG dont des personnels faisaient l’objet d’accusation ont en revanche été informées du problème et étaient donc elles aussi au courant.
 

Ce rapport de 2001 confirme que l’ONU couvre depuis longtemps les abus sexuels de ses personnels et de ceux des ONG

 
Les révélations des deux journaux britanniques, réputés pour leur sérieux, viennent prouver une fois de plus que l’ONU garantit depuis longtemps l’impunité de ses personnels et des personnels des organisations humanitaires qui se rendent coupables d’abus sexuels, y compris sur des enfants.
 

Olivier Bault