Sexe contre aide humanitaire, utilisation de prostituées et harcèlement sexuel de mineures : l’ONG Oxfam dans la tourmente.

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L’ONG britannique Oxfam pourrait perdre les dizaines de millions de livres sterling de subventions de l’UE et du gouvernement britannique, ainsi que celles de gros donateurs privés. La raison ? L’émergence de multiples scandales sexuels et de la culture de l’impunité qui prévalait jusqu’ici au sein de cette organisation. Oxfam est aujourd’hui accusé d’avoir cherché à étouffer systématiquement, pour ne pas ternir son image et risquer de perdre des donateurs, les affaires d’échange d’aide contre des services sexuels, de harcèlement sexuel de mineures et d’emploi de prostituées par des responsables de l’organisation dans le cadre des missions humanitaires.
 

Des orgies sexuelles avec des prostituées dans une villa louée par Oxfam à Haïti, après le tremblement de terre de 2010

 
Le scandale a éclaté avec la publication par le Times le 9 février d’un article sur le comportement de responsables d’Oxfam lors de l’intervention humanitaire à Haïti après le tremblement de terre qui avait fait 220.000 morts en 2010. L’ONG disposait alors d’un fonds de 70 millions de livres sterling pour l’aide humanitaire et la reconstruction. Oxfam avait 230 personnes sur place, mais c’est au sein de la coupole dirigeante de la mission qu’il semble y avoir eu de sérieux problèmes, ce dont la direction d’Oxfam au Royaume-Uni a été mise au courant en 2011. C’est ainsi qu’une villa louée par l’ONG était appelée par ses habitants « les appartements roses » ou encore « le bordel ». Un témoin a informé la direction d’Oxfam de scènes avec au moins cinq filles à moitié nues dont certaines arboraient un tee-shirt de l’ONG lors de véritables orgies sexuelles. Outre l’emploi de prostituées, dont certaines ont pu être mineures, une source parle aussi d’aide fournie par des responsables d’Oxfam à Haïti en échange de services sexuels.
 

Oxfam a aussi cherché à étouffer les affaires de harcèlement sexuel et de viol contre des bénévoles mineures au Royaume-Uni

 
Le scandale haïtien d’Oxfam est encore aggravé par les accusations concernant l’enquête menée en interne, avec une volonté évidente d’étouffer l’affaire en renvoyant quelques responsables ou en leur permettant de démissionner eux-mêmes.
 
La semaine dernière, une responsable britannique de l’organisation révélait encore des cas d’abus sexuels et même de viols commis par des responsables de boutiques Oxfam sur des bénévoles mineurs au Royaume-Uni. Ces nouvelles révélations intervenaient quelques heures seulement après la démission de Penny Lawrence, la directrice adjointe d’Oxfam.
 

Un secteur de l’aide humanitaire rongé par les problèmes d’abus sexuels

 
Priti Patel, ministre chargé du Développement international jusqu’en novembre dernier, affirme que le gouvernement britannique était au courant des scandales sexuels du secteur de l’aide humanitaire. Ces scandales n’affecteraient pas uniquement Oxfam et concernent selon elle environ 300 personnes du secteur. Priti Patel parle de cas « bien documentés » et ajoute que les récentes révélations ne sont que la pointe émergée de l’iceberg. L’ex-ministre dit avoir soulevé le problème lors de son passage au ministère du Développement international mais se plaint de l’absence d’intérêt pour la question qu’elle aurait rencontrée au niveau international.
 
Faut-il voir un lien entre ces comportements et le fait que les militants de la gauche libertaire post-soixante-huitarde sont très présents dans les organisations du type d’Oxfam, une ONG qui dit agir « contre les injustices et la pauvreté » ?
 

Olivier Bault