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Devant le Parlement européen, Angela Merkel et François Hollande plaident pour plus d’Europe

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A Strasbourg, devant le Parlement européen, Angela Merkel et François Hollande ont demandé – à moins qu’il ne faille dire « exigé » ? – mercredi un renforcement de l’intégration européenne pour faire face à la multiplication des crises. L’argument est connu et archi-rebattu, mais jamais prouvé : plus d’Europe, parce que se limiter à l’Etat-nation serait se condamner à l’impuissance et au déclin.
 
Pourquoi donc la plupart des journalistes français s’évertuent-ils à dire et écrire : « François Hollande et Angela Merkel », au lieu, comme il se doit, de citer d’abord le chancelier allemand ? C’est contraire, tout d’abord, à la galanterie et à la politesse françaises – à moins que ces vertus soient désormais considérées comme caduques, les sexes ayant aujourd’hui aussi mauvaise presse que les races.
 

Angela Merkel et François Hollande plaident pour plus d’Europe

 
C’est surtout contraire à la réalité politique. Si l’on évoque beaucoup, et de plus en plus, et même parfois dans la presse politiquement correcte, une Europe allemande, ce n’est pas sans raison.
 
Ce point précis a d’ailleurs été l’objet des interventions de Marine Le Pen d’une part, et de Nigel Farage d’autre part, qui, s’ils appartiennent à des groupes distincts, ont tout deux dénoncé cet abaissement de la France vis-à-vis de l’Allemagne. Un abaissement qui, en pratique, ont-ils tout deux affirmé, quoi que de façons diverses, se traduit aujourd’hui par la locomotive Berlin qui traîne Paris à la remorque.
 
François Hollande a voulu répondre que « la seule voie possible pour celles et ceux qui ne sont pas convaincus de l’Europe, c’est de sortir de l’Europe ».
 
Rebondissant sur la question de la souveraineté, le président de la République a déclaré : « La souveraineté n’a rien à voir avec le souverainisme. La souveraineté européenne, c’est d’être capable de décider pour nous-mêmes et d’éviter que ce soit le retour aux nationalismes, aux populismes, aux extrémismes qui nous imposent aujourd’hui d’aller dans un chemin que nous n’avons pas voulu. »
 

Le Parlement européen peut-il ouvrir les yeux ?

 
Malheureusement pour lui, cette logorrhée n’a rien à voir avec un argument. Avons-nous voulu le carcan européen qui pèse de plus en plus lourdement sur nos têtes ? Sortez de votre coquille, François Hollande, prenez le premier chemin qui s’offre à vous, entrez dans le premier bistrot, et revenez nous dire honnêtement, si vous en êtes encore capable, combien de Français vous aurez entendu dire leur satisfaction de la situation actuelle, de cette situation catastrophique dans tous les domaines qui nous est imposée par l’Europe de Bruxelles.
 
Jamais nous n’avons connu autant de crises. Jamais nous n’avons été si près d’aller dans le mur. Et l’on vient nous dire qu’il faut accélérer ?
 
« Plus que jamais, il faut plus d’Europe ! », a lancé effectivement Angela Merkel. Et François Hollande a repris, façon méthode Coué son refrain habituel : « Il y a une tentation de repli national chaque fois qu’il y a une épreuve. Rien n’est pourtant plus vain que de chercher à se sauver seul, à se dérober, à s’abriter quand des événements majeurs se produisent dans le monde entier. »
 
Cette observation serait recevable, s’il n’y avait comme un problème fondamental qui la fausse totalement. Elle serait recevable si ce n’était pas justement l’Union européenne qui en était responsable.
 

La responsabilité accablante de Bruxelles, Angela Merkel, François Hollande et quelques autres…

 
Angela Merkel et François Hollande ont notamment, et même principalement, évoqué la crise des migrants. Mais qui a provoqué la crise des migrants ? Qui a déstabilisé la Libye, la Syrie, et toute cette région, sous le fallacieux prétexte à quoi se réduit chaque jour la démocratie ?
 
Une coalition internationale dans laquelle l’Union européenne à toute sa part. Une Union européenne qui, dans le même temps, ouvre toutes grandes nos frontières. Une Union européenne qui vient ensuite nous expliquer que, la crise étant trop importante pour chacun des Etats-membres, il faut lui abandonner toute souveraineté pour qu’elle puisse la résoudre.
 
C’est le discours que nous avons entendu hier au Parlement européen. Si nous étions dans le domaine commercial, on évoquerait inévitablement un abus de position dominante.
 
Mais, lorsque l’on voit que l’Union européenne a une responsabilité certaine dans la déstabilisation des régions d’où nous arrivent les migrants, réfugiés, clandestins ou tout autre vocable qu’il plaira aux politique d’utiliser ; lorsque l’on voit, dans le même temps, toute la responsabilité de l’Union européenne dans l’ouverture – pour ne pas dire la destruction – de nos frontières ; alors une question, et une seule, s’impose à l’esprit du simple citoyen :
 
L’aurait-on fait exprès ?
 

Hubert Cordat