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Le parti communiste chinois (PCC) met internet sous haute surveillance, d’Alibaba à Baidu

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Célébration des 95 ans de la fondation du Parti communiste chinois (PCC), à Pékin, le 1er juillet.


 
Internet, liberté ou tyrannie ? On sait comment l’islamo-terrorisme intoxique, recrute et prospère grâce à la « toile ». On sait moins ce qui se passe en Chine populaire où le parti communiste (PCC) durcit sa mainmise sur le secteur de la communication numérique tandis que les entreprises chinoises du net se mondialisent. Mercredi, l’administration chinoise du cyberespace (CAC) a exigé lors d’une conférence que des comités du PCC soient installés dans les entreprises de la toile « afin de consolider les fondations du parti dirigeant et d’assurer un sain développement de l’industrie d’internet », écrit le très officiel Global Times. Notons que le lendemain, jeudi 27 octobre, Xi Jinping, président de la république populaire, se faisait donner les pleins pouvoirs par le plenum du parti communiste.
 

Baidu affiche 3.600 membres du PCC

 
Cette mainmise annoncée du parti communiste chinois sur le secteur n’est neutre pour personne. Ni pour les Chinois qui vont voir son contrôle s’alourdir un peu plus. Ni pour le reste du monde, qui représente une terre de conquête pour les mastodontes chinois de l’internet. Les entreprises chinoises du net se développent à grande vitesse, avec plus de 700 millions d’usagers. Or des chiffres rendus publics mercredi révèlent que la structure du PCC dédiée au seul secteur internet à Pékin, qui supervise les organisations du parti dans 36 opérateurs internet basés dans la capitale chinoise, réunit déjà 6.436 militants communistes. La radio nationale a fait savoir que Baidu, premier moteur de recherche chinois, affiche à lui seul 3.600 membres du parti communiste dûment certifiés. JD.com, deuxième site commercial chinois après Alibaba, en affiche 2.086 répartis dans 82 sections du parti.
 

En Chine, le parti communiste n’imagine pas internet sans surveillance

 
Tong Liqiang, dirigeant du parti et directeur de l’administration pékinoise du cyberespace, apparemment conscient de l’effet contre-productif de cette mainmise sur la réputation du secteur, tente de rassurer. « 95 % des entreprises du net ne sont pas des entreprises publiques et leurs employés sont généralement jeunes, très qualifiés et idéologiquement hétérogènes », affirme-t-il. Mais il précise dans la foulée que « l’encadrement du parti doit fournir les racines et l’esprit des entreprises du net ».
 
Su Wei, professeur à l’Ecole du parti du comité municipal de Chongqing ne cache pas ses prétentions. Pour lui, la constitution d’un réseau communiste dans le secteur du net est une des priorités. L’industrie d’internet est un nouveau « champ de bataille idéologique » sur lequel, selon lui, les puissances étrangères poursuivent leurs tentatives de déstabilisation de la Chine et de renversement du parti communiste.
 

Pour la « santé » de l’internet chinois

 
Pour Su Wei, pas de faux-fuyant : « Les organisations du parti à l’intérieur de ces entreprises doivent jouer un rôle de contrôle afin de garantir un développement sain du secteur internet chinoise. ». La santé, bien entendu, c’est le parti.
 
Un autre cadre communiste d’une entreprise du net de la province de Hunan est encore plus direct. « Les dirigeants des entreprises du net sont principalement des diplômés en sciences, en économie et en informatique, ils ne savent pas comment fonctionne le parti », déplore-t-il. La section du PCC à l’intérieur même de sa société « va nous aider à développer une relation plus fluide avec le gouvernement » que celles qui n’en sont pas encore dotées.
 
Le parti noyautant internet comme facilitateur d’affaires? Ou comme rempart idéologique à l’intérieur et diplomatique à l’extérieur ? Les deux, sans aucun doute.
 

Matthieu Lenoir