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Investisseurs PIMCO : la zone euro est « intenable » sans unification fiscale. Vers les Etats-Unis d’Europe ?

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Il n’y a pas d’exemple dans l’histoire d’union monétaire qui ait tenu sans unification politique et fiscale : telle est la leçon donnée au monde des investisseurs par les analystes de la Pacific Investment Management Company (PIMCO) qui voit de gros problèmes à l’horizon de la zone euro si les pays qui la composent ne se rapprochent pas davantage. La plus grosse société d’investissement en fonds obligataires au monde estime la zone euro « intenable » sous sa forme actuelle, et pense qu’elle ne survivra pas si elle ne se transforme pas en « Etats-Unis d’Europe ».
 
Il faut que les pays qui adoptent une monnaie unique consentent à abandonner leur souveraineté, estime PIMCO, sans quoi la monnaie unique ne peut être viable à long terme. Les investisseurs pensent que le bloc euro n’éclatera pas à moyen terme mais qu’il est actuellement fragilisé, d’autant que de nombreux pays membres sont en proie à des troubles liés à ses promesses non tenues.
 

Pas d’union monétaire sans unification fiscale, selon les investisseurs PIMCO

 
« Il n’y a pas de précédent historique : une telle structure à la politique monétaire centralisée mais à la politique fiscale décentralisée ne peut perdurer sur plusieurs décennies », a déclaré l’un des directeurs de PIMCO, Andrew Bosomworth, citant l’échec des unions monétaires latine et scandinave mises en place au XIXe siècle : leur durée de vie n’a guère excédé 50 ans.
 
L’union monétaire est incompatible avec la souveraineté des pays membres, a insisté Bosomworth, pointant la montée des partis qui mettent en cause l’euro dans les nations où la croissance stagne et où ce marasme, couplé au chômage endémique, est perçu par les électeurs comme lié à l’existence de la monnaie unique. Les analystes de PIMCO ne vont pas jusqu’à dire que les peuples ont tort. Mais ils accusent le manque d’unification des politiques et le défaut d’assouplissement des lois du travail, en France notamment – désignée comme « à la traine » par rapport à l’Espagne – d’entretenir les problèmes.
 

D’une zone euro « intenable » aux Etats-Unis d’Europe

 
Les bons scores du Front national, ainsi que la montée de Podemos en Espagne et l’arrivée au pouvoir de Syriza en Grèce les inquiètent : ces succès correspondent au manque de confiance en l’euro, assurent les analystes. « Cela veut dire que nous sommes dans une situation critique : on ne peut pas se contenter de passer une couche de crépi pour gommer les inquiétudes populaires, il faut aussi une réponse politique, qui devra nécessairement prendre en compte le point de savoir quel est l’avenir ultime de l’union monétaire ? »
 
Tant qu’il n’y aura pas d’unification et de mise en commun des ressources fiscales, la croissance et l’emploi ne seront pas au rendez-vous, assure PIMCO, et l’on court le « risque » de voir ces partis progresser. On en est loin, pensent les investisseurs, mais ils ne semblent pas attendre l’éclatement de la zone euro. Il est vrai que jusqu’ici, tout a été fait pour qu’il ne survienne pas.
 
« Verrons-nous les Etats-Unis d’Europe ? Ce n’est pas impossible, mais l’Europe pourrait aussi passer plusieurs décennies dans une forme hybride de fédération politique et fiscale. Alors qu’il pourrait bien ne pas y avoir un gouvernement unique, un seul passeport et une armée, nous pourrions bien être en voie de nous en approcher – mais pas encore », assure Bosomworth.
 
Il est vrai que les peuples n’en veulent certainement pas. Et dans ce contexte, on avance par petits pas.