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Podemos en Espagne, Syriza en Grèce… L’Europe se livre-t-elle au communisme ?

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Pour une prise en mains communiste de pays européens que l’on pouvait croire vaccinés à tout jamais, les conditions n’ont jamais été aussi idéales. La récente « prise » de quatre parmi les cinq plus importantes villes d’Espagne par des maires portés par des coalitions menées par l’extrême gauche marque une rupture qu’il ne faudrait pas sous-estimer. Les succès de Podemos et de Ciudadanos, des « Indignés » en Espagne répondent à celui de Syriza en Grèce, tandis que d’autres pays d’Europe voient des groupes « anti-austérité » adeptes de mesures révolutionnaires marquer des points, quelle que soit leur apparente couleur politique.
 
On a beaucoup parlé des tweets antisémites du nouveau délégué à la culture de la mairie de Madrid, Zapata. Son sens de l’humour noir, prêt à s’amuser même de la Shoah, en ferait presque oublier que la nouvelle mairesse de Madrid, Manuela Carmena, septuagénaire, est une communiste historique. Sans doute est-il politiquement incorrect de s’en émouvoir, puisqu’elle s’opposait au général Franco au temps où le Caudillo était au pouvoir. Mais enfin le fait est là : c’est une capitale européenne qui tombe sous la coupe d’une marxiste revendiquée.
 

Une communiste à Madrid ; une mairesse révolutionnaire de Podemos à Barcelone : où va l’Espagne ?

 
A Barcelone, Ada Colau a déjoué tous les calculs qui envisageaient l’arrivée d’un maire séparatiste catalan. Elle est de Podemos. Podemos dénonce la misère du petit peuple, comme tout bon révolutionnaire et tout bon communiste savent le faire – mais Podemos, c’est la ligne Chavez, l’option rouge, la haine de la propriété privée, la mise en place de mesures qui aboutissent à la misère pour tous (sauf la Nomenklatura, constante des sociétés communistes).
 
Avec la manne des finances publiques qui attend aussi bien Podemos et Ciudadanos grâce à leurs scores électoraux aux municipales en Espagne, et les fonds qui seront statutairement reversés par leurs nouveaux élus, les deux mouvements d’extrême gauche vont être riches à millions. Pour la campagne en vue des élections générales à la fin de l’année en Espagne, les perspectives n’en sont que meilleures. Après la Grèce, l’Espagne tombera-t-elle dans l’escarcelle des indignés ?
 
Il faut dire que l’indignation était prévisible. Les abus de la haute finance, l’asservissement des peuples d’abord incités à vivre au-dessus de leurs moyens puis contraints, au nom de la dette de leurs pays, de se soumettre à l’Union européenne et de payer ne pouvaient avoir d’autre issue. C’est un moyen rêvé pour créer une tension pré-révolutionnaire et par là de faire le lit de la Révolution. Qu’on se souvienne des crises économiques du début du XXe siècle : les mêmes causes produisent les mêmes effets.
 

Syriza en Grèce annonce le pire : conditions idéales pour une prise en mains totalitaire

 
De là à imaginer que le gauchissement du sud de l’Europe, livré à des idéologues – athées comme Tsipras en Grèce, adeptes d’un panthéisme New Age comme le Podemos de Pablo Iglesias en Espagne – soit le fruit d’un savant calcul, il y a un pas qu’on ne saurait franchir que muni de preuves impossibles à obtenir. Reste le fait : le désordre social et l’anarchie que facilitent les fortes crises économiques et le sentiment d’oppression qui règne facilitent aussi bien l’explosion que la possibilité d’une nouvelle prise en main.
 
Une prise en main globaliste ? On est frappé, en tout cas, par la similitude des scénarios, avec leurs inévitables variantes. Tout comme le « Printemps arabe » en son temps imposait sur un bien large territoire des situations similaires qui ont permis l’avènement de deux forces selon un modèle dialectique en lui-même intéressant pour aller vers la synthèse chère au marxisme : l’islamisme radical d’une part, le réformisme islamique de l’autre comme en Egypte.
 

L’Europe livrée au communisme ?

 
En Grèce, le scénario est plus avancé. Menacé de faillite, le pays risque l’insurrection. Alexis Tsipras a déjà accusé les créditeurs européens de vouloir imposer un changement de régime à la faveur des troubles à venir. Il attend l’« état d’urgence », accusant le FMI et l’Union européenne de chercher à « décrédibiliser » son mouvement, Syriza. Le moyen : couper les vivres à la Grèce, forcer les banques locales à fermer et empêcher les Grecs d’avoir accès aux retraits de (leur) argent liquide.
 
Dans de telles situations de paroxysme, on ne saurait faire de prédiction. On peut cependant observer que le désordre profite à ceux qui l’auront le mieux préparé.
 
L’Europe s’est accommodée de la montée du gauchisme marxiste, ce n’est sans doute pas pour rien. L’Espagne n’a pas encore pansé les plaies de sa dernière révolution et des persécutions qui l’ont accompagnée : ne faut-il pas accepter d’imaginer qu’elles puissent être rouvertes ?
 

Anne Dolhein