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La Pologne exige de l’Union européenne qu’elle respecte sa souveraineté

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La Première ministre polonaise, Beata Szydlo, devant le Parlement européen à Strasbourg, le 19 janvier 2016.


 
Après le discret et modéré soutien apporté au président polonais Andrzej Duda par le président polonais du Conseil européen Donald Tusk, c’était mardi au tour du premier ministre polonais de défendre son pays devant le Parlement européen réuni à Strasbourg. Dans un discours énergique, Beate Szydlo a appelé l’Union européenne, dont on sait qu’elle ne ménage pas les critiques qu’elle manifeste vis-à-vis de l’actuel gouvernement jugé trop à droite, à respecter la souveraineté de la Pologne dans le débat sur la situation de l’Etat de droit dans son pays.
 
« Pour nous tous, ce qui est important, c’est que nous puissions sentir le soutien de la part de l’Union européenne, (…) que dans les décisions qui concernent les affaires intérieures de notre pays, nous ayons la garantie que notre souveraineté sera respectée », a lancé Beate Szydlo qui s’exprimait pour la première fois devant les députés européens.
 

La Pologne exige le respect de sa souveraineté

 
Dans le collimateur des parlementaires européens, les modifications dans les lois sur le tribunal constitutionnel et les médias publics annoncées au lendemain de la victoire du PiS.
 
« Nous sommes au début de la procédure », a déclaré pour sa part le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, en charge du dossier au sein de l’exécutif européen. « Nous engagerons le dialogue fondé sur des preuves impartiales et de façon coopérative. »
 
L’impartialité de la Commission européenne aurait dû faire éclater de rire la majeure partie des eurodéputés présents, dont les pays ont eu, pour la plupart, à la subir. Mais il ne semble pas que cela ait été le cas…
 
En attendant, Beate Szydlo a déclaré que les mesures prises par son gouvernement respectaient la Constitution, la loi et les traités européens. « Le tribunal constitutionnel fonctionne très bien en Pologne, il est en parfait état (…). Il y a quelques heures, il a rendu un arrêt », a-t-elle rétorqué à ceux qui prétendent que l’actuelle réforme a paralysé la haute instance juridique.
 
Et, quoi qu’il en soit, a-t-elle ajouté, « il s’agit d’une affaire intérieure à la Pologne ».
 

L’Union européenne face à la démocratie

 
Pour conclure, Beate Szydlo s’est même permis d’ironiser : « Je m’attendais à ce que vous me posiez des questions très détaillées, mais en fait je n’en ai pas reçu tant que ça. (…) J’ai l’impression que finalement il n’y a pas de problèmes ! »
 
Elle a également promis d’analyser « dans le détail » l’avis que les experts juridiques du Conseil de l’Europe doivent rendre au mois de mars sur ces questions.
 
Pendant la séance, une centaine de Polonais brandissait des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Regarde, UE : la démocratie polonaise se porte bien » ; ou : « La Pologne n’est pas votre affaire » ; ou encore : « Soyez respectueux de notre démocratie. »
 
Malgré l’accueil qui lui a été réservé, il n’est pas sûr que l’Union européenne ait entendu le discours du premier ministre polonais, ni surtout sa conclusion : « Je suis venue ici parce que j’ai un grand sens des responsabilités, mais j’ai vraiment un sentiment d’injustice. La Pologne est un pays démocratique, ces débats sont dégradants, ils n’ont pas de sens. »
 

François le Luc