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Poulet sous plastique : les jeunes Britanniques refusent de toucher la viande crue

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Un hypermarché britannique, Sainsbury’s, vend son poulet exclusivement sous plastique pour satisfaire la clientèle jeune. Près de 40 % des moins de trente-cinq ans ne supportent pas de toucher de la viande crue en faisant la cuisine.
 
Les Britanniques ont surnommé « snowflake generation », la génération flocon de neige, les jeunes nés après 1980. Le surnom suggère l’extrême fragilité, et l’extrême sensibilité de ces jeunes gens. Pour éviter les controverses traumatisantes, il leur faut des « safe places » à l’université, et ils font des procès quand on se moque d’eux dans les médias. Or 37 % de ces êtres étrangers à toute réalité ne supportent pas de toucher de la viande crue, selon une étude de marché de l’institut Mintel. Selon Katherine Hall, responsable du département viande, poisson et volaille, ils sont « tout à fait effrayés » à l’idée de toucher la viande crue, et c’est à leur intention qu’ont été conçus de petits sacs plastiques leur permettant de jeter leur cuisse de poulet dans la poêle à frire sans la toucher.
 

Du poulet sous plastique seulement pour les Britanniques ?

 
Cette excellente dame estime que la peur qui frappe les flocons de neige vient de ce qu’ils mangent au restaurant et qu’on ne leur a pas appris à connaître et toucher la viande crue. Ils ne se distinguent pas en cela d’autres jeunes d’Europe, qui connaissent le poisson surtout sous sa forme panée, n’ont jamais vu une vache sur pied ni un radis ou un poireau dans un potager. On a souvent noté que nos sociétés postmodernes ont rejeté la mort de leur champ de conscience, mais elles ont fait mieux depuis en suivant ce mouvement : elles en rejettent aussi la vie, et n’ont d’autre contact avec la réalité que les produits de l’industrie agro-alimentaire qu’on place dans leur assiette.
 

Pour toucher les jeunes : haro sur la viande, crue ou cuite !

 
Le plus drôle, c’est que ces jeunes flocons de neige écoutent les médias, ils sont donc farcis de toutes les peurs que ceux-ci répandent. Dans le groupe de jeunes étudié pour Sainsburry, la peur d’une bactérie, la campylobacter, qu’on a relevée sur des carcasses de poulet et qui peut provoquer des empoisonnements graves, était telle que l’une des participantes a avoué napper son poulet de désinfectant avant de le mettre au four ! Pour Ruth Mason, du syndicat national des fermiers, « Il est un peu déconcertant que les clients soient si éloignés de ce qui les nourrit », mais elle constate avec philosophie que la phobie de la viande crue est une « tendance croissante ». Elle entre dans le processus mondial de dénigrement de la viande, auquel participent vegans, militants du droit des animaux, médecins, écologistes et organisations internationales. Ce processus a bien sûr une dimension religieuse. Paul Morand a fort bien parlé de l’obsession de la pureté des New Yorkais, de l’habitude de mettre la nourriture et les couverts sous plastique, qui se répand partout. Et saint Paul de la viande consacrée aux idoles.
 

Pauline Mille