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Poutine et Obama réaffirment leur soutien à l’évolution en Syrie

Poutine Obama soutien évolution Syrie
 
Les présidents russe et américain ont réaffirmé lundi, lors d’un entretien téléphonique, leur détermination à renforcer le cessez-le-feu en Syrie, selon ce qu’ont annoncé, de part et d’autre, le Kremlin et la Maison Blanche. Vladimir Poutine et Barack Obama, qui conservent cependant des divergences de vue sur la politique syrienne, s’affirment satisfaits du résultat sur le terrain, qui, sans être définitif, semble, notamment dans la perspective des pourparlers de paix de Genève, sur la bonne voie.
 
Les deux chefs d’Etat ont discuté en détail de la situation syrienne, confirmant entre autres leur volonté de renforcer le cessez-le-feu, dont ils sont à l’origine, ainsi que l’accès de l’aide humanitaire, a notamment précisé le Kremlin dans un communiqué.
 

Poutine et Obama réaffirment leur soutien au cessez-le-feu syrien

 
Vladimir Poutine a par ailleurs appelé les rebelles modérés à se démarquer de l’Etat islamique et du Front Al-Nosra, demandant également qu’il soit procédé à la fermeture de la frontière entre la Syrie et la Turquie qui favorise la fourniture d’armes pour les extrémistes.
 
Le communiqué russe précise que les deux présidents ont souligné l’importance des pourparlers de paix de Genève, et sont convenus que les services de sécurité russes et américains renforceraient leur coopération sur la Syrie, prévoyant pour ce faire des mesures supplémentaires afin de réagir rapidement aux éventuelles violations du cessez-le-feu.
 
Côté américain, on souligne en outre que les violents combats autour d’Alep la semaine dernière ont obligé des dizaines de milliers d’habitants à fuir la région. Pour l’opposition, cela signifie que le président Bachar el-Assad n’est pas prêt à accepter une solution politique pour mettre fin au conflit. Aussi Barack Obama a-t-il appelé son homologue russe à user de son influence auprès de Damas pour que Bachar el-Assad respecte ses engagements.
 

L’évolution politique en Syrie bloquée par la question de l’avenir du président Assad

 
De fait, Washington réitère l’idée que ces violences sont de la responsabilité des autorités syriennes. « Nous avons vu que la cessation des hostilités restait fragile et était de plus en plus menacée en raison de violations perpétrées par le régime », déclare tout de go Josh Earnest, porte-parole de la Maison-Blanche.
 
On sait que Moscou n’est pas prêt à suivre les Américains sur cette question, notamment parce que le Kremlin estime, au contraire, que les résultats obtenus sur le terrain sont en grande part le fait des forces loyalistes – même si celles-ci sont appuyées par les forces russes.
 
D’ailleurs, Bachar Djaafari, le chef de la délégation du gouvernement syrien aux négociations de Genève, a déclaré mardi matin que le sort du président Bachar el-Assad ne pouvait pas être discuté dans l’actuel processus sous médiation des Nations unies.
 
Au contraire, a-t-il précisé, l’objectif poursuivi par Damas à Genève est toujours de parvenir à un gouvernement élargi sous la présidence de Bachar el-Assad, en maintenant les institutions actuelles du pays. « C’est notre mandat », a-t-il conclu.
 

Statu quo

 
De son côté, le Haut Comité des négociations de l’opposition syrienne avait annoncé la veille ajourner sa participation aux négociations de Genève, qu’il estime fragilisées par la dégradation des conditions sur le terrain. Et sans doute aussi par cette fin de non-recevoir sur la question de l’avenir du président Assad.
 
On comprend bien que l’opposition aimerait pouvoir profiter de la chute politique du président syrien pour prendre le pouvoir, avec l’appui des Occidentaux, comme cela a pu se faire en Libye. Avec les résultats que l’on peut voir aujourd’hui…
 
Devant ce nouveau blocage, ou plutôt ce blocage récurrent, Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, s’est donné jusqu’à la fin de la semaine pour tenter de poursuivre ses discussions avec l’ensemble des parties impliquées.
 
On doute, en l’état actuel, qu’il parvienne à débloquer une situation dont les motivations dépassent le simple cadre de la situation militaire sur le terrain syrien…
 

François le Luc