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Pourquoi il faudrait avoir son premier bébé à 20 ans : Allan Pacey, expert en fertilité, répond

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C’est à l’université de Cambridge que le Pr Allan Pacey, expert en fertilité et premier spécialiste britannique de l’andrologie, soutiendra cette proposition controversée à l’heure où la plupart des Européens commencent à procréer vers l’âge de 30 ans. Il faudrait avoir son premier bébé à 20 ans, soutiendra l’expert face à un panel d’écrivains et d’historiens. Et ce sous peine d’aggraver l’épidémie d’infertilité qui est déjà bien présente dans ces pays « avancés ».
 
La première réponse est biologique, assure le Pr Allan Pacey. « Il n’y a pas de doute que nos corps sont programmés pour avoir des bébés » à 20 ans, « voire plus tôt ». C’est le cas dans des tribus primitives où les premières grossesses surviennent souvent « presque avant la fin de la puberté », œuvres de papas « qui se rasent à peine ».
 
Trop tôt, sans doute : cet état de fait a été tempéré dans les sociétés civilisées où l’activité sexuelle est censée ne démarrer qu’après le mariage et l’engagement définitif.
 

Le rythme de la vie fait que les femmes ont leur premier bébé à 30 ans, alors que leur fertilité décline

 
Mais aujourd’hui, le rythme de la vie, avec les études prolongées, l’entrée tardive dans la vie active, la désaffection pour le mariage et le refus massif de l’engagement dans la durée produit des effets eux-mêmes démultipliés par l’accès facile à la contraception.
 
Pour Allan Pacey, la situation devient inquiétante : « Il y a une forte différence entre la biologie du système reproducteur masculin et celle du système féminin qui aujourd’hui, provoque un déséquilibre et une tension manifestes entre les sexes. »
 
Les hommes, rappelle-t-il, peuvent procréer bien plus tard que les femmes, bien au-delà de 70 ans (« s’ils trouvent une femme en âge de procréer ») même si le sperme devient de moins bonne qualité au fil des ans : « Les statistiques indiquant que les hommes de 40 ans et plus sont moitié moins fertiles que les hommes de moins de 25 ans »).
 
« En revanche, les femmes naissent avec un stock limité d’ovules… et n’ont pas la capacité d’en fabriquer de nouveaux. Au moment où la femme commence à avoir des règles son stock d’ovules a déjà diminué d’un cinquième, et à l’âge de 35 ans sa fertilité a tellement baissé que la plupart des médecins refusent une fécondation in vitro avec ses propres ovules au-delà des premières années de la quarantaine », note Pacey.
 

Allan Pacey, expert en fertilité, montre les dangers de la maternité tardive

 
Tant que la plupart des couples ont eu leurs premiers enfants à l’âge de 20 ans cela n’avait guère d’incidence, souligne-t-il. Mais la plupart des pays développés voient le recul constant de l’âge de la première grossesse – aujourd’hui, on dépasse ainsi les 30 ans au Royaume-Uni mais la moyenne ne cesse de progresser d’année en année. « Arrivera le jour où l’âge moyen où la moyenne des couples essaient de devenir parents sera incompatible avec leur biologie reproductrice. »
 
Sans plaider pour l’interventionnisme étatique pour mettre fin à « l’épidémie de l’infertilité » que l’on constate déjà, le Pr Pacey note qu’il faudrait mieux informer les jeunes eux-mêmes. Car après des décennies de prétendue « éducation » sexuelle, bien des jeunes de 18 ou 19 ans n’ont qu’une connaissance extrêmement limitée de leur propre fertilité, constate le professeur.
 

A 20 ans, les jeunes ne savent quasiment rien de leur propre fertilité

 
Mais faut-il s’en étonner avec lui ? Sûrement pas : l’« éducation sexuelle » vise principalement à prêcher la promiscuité sexuelle sans risque : les risques du sida, d’autres MST et de la grossesse. Elle est presque entièrement centrée sur l’apprentissage de la contraception – préservatif et moyens anticonceptionnels – sans oublier les « filets de secours » de la pilule du lendemain et de l’avortement.
 
L’information suffira-t-elle, comme semble le penser le professeur ? Il y a aussi les conditions de vie : les couples moyens ne peuvent guère espérer s’en sortir matériellement sans travailler tous deux après de longues études, ce qui retarde d’autant la décision d’avoir des enfants. Sans parler d’ingérence de l’Etat, la question est éminemment politique.
 
En même temps, c’est un état de fait qui favorise fortement la procréation assistée, la congélation des gamètes, et sans doute à terme la gestation artificielle – qui apparaîtront comme la réponse à la détresse des couples alors qu’il s’agit de nouvelles formes de tyrannie.
 

Anne Dolhein