Mary MacAleese a été présidente de l’Irlande de 1997 à 2011. Dans ce pays naguère catholique, elle se veut catholique hétérodoxe, favorable à l’avortement, à l’idéologie LGBT, aux femmes prêtres, décrivant le catéchisme de l’Eglise sur ces sujets comme un « des derniers grands bastions de la misogynie », par ailleurs « homophobe » et « totalement contradictoire avec la façon moderne de voir les choses ». Dans une récente conférence à l’université de Cork, elle a tenu les propos suivants rapportés par l’Irish Times : « Partout dans le monde, il persiste une restriction sévère, systémique et longtemps négligée des droits des enfants en matière de religion. » Il s’agit selon elle du baptême des nourrissons, ni plus ni moins. Son argumentation fracassante est toutefois non seulement anti-catholique, mais spécieuse, et ne tient pas compte de la chose que le mot liberté religieuse recouvre.
L’ancienne présidente de l’Irlande est une drôle de paroissienne
Pour Mme MacAleese, le baptême des nourrissons viole « les droits des enfants tels qu’ils sont énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) de 1948 et la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant (CIDE) de 1989, auxquelles l’Irlande et le Saint-Siège – qui gouverne l’Eglise catholique et est de fait l’auteur du droit canonique – sont des Etats parties ». Et d’argumenter ainsi : « Les parents catholiques ont l’obligation stricte, en vertu du droit canonique catholique, de faire baptiser leurs enfants dès que possible ; le baptême des nourrissons est donc la norme. » Sans contester « la pratique courante du baptême des enfants en elle-même, dans la mesure où le baptême concerne des effets spirituels gratuits que l’Eglise affirme être indélébiles, comme l’effacement du péché originel, l’ouverture de la possibilité du salut et le flux de la grâce de Dieu », elle condamne « l’adhésion à vie imposée sans consentement éclairé » à l’Eglise catholique.
Marquée par son baptême, elle a pourtant le droit de délirer
Pour justifier cette condamnation, l’ancienne présidente a mis en avant son cas personnel, son propre baptême : « Rien d’autre n’a autant marqué ma vie ni imposé de restrictions aussi dévastatrices à mes droits intellectuels inaliénables que cette brève cérémonie de baptême, il y a sept décennies et demie. Il en va de même pour les quelque 40.000 enfants baptisés chaque jour sur les cinq continents, qui deviennent membres à vie de l’Eglise sans possibilité de retrait et sans leur consentement. » Il semble cependant que dans son indignation réelle ou surjouée, l’ancienne présidente force un peu la donne et confonde l’Eglise catholique et l’islam.
L’Eglise ne viole pas le droit de l’enfant et de l’adulte à apostasier
En effet, l’Eglise enseigne que la nouvelle naissance du baptême lave l’enfant du péché originel, et qu’en conséquence elle-même et « les parents priveraient un enfant de la grâce inestimable de devenir enfant de Dieu s’ils ne lui conféraient pas le baptême peu après sa naissance ». De même le baptême confère-t-il à l’âme une empreinte indélébile, mais il ne s’ensuit pas qu’il viole le droit des enfants. En effet, si le catholique qui quitte l’Eglise demeure d’une certaine façon membre du corps du Christ, dans la pratique il peut quitter l’Eglise sans que les autorités catholiques ne lui imposent de restriction matérielle d’aucune sorte. Des millions de personnes l’ont fait ces dernières décennies sans subir d’autres conséquences – graves – que spirituelles. Même l’apostat, le converti à une autre religion, ne subissent aucune contrainte de l’autorité ecclésiastique, à la différence de l’islam où l’apostasie est punie de mort. Il n’y a donc pas de viol de la liberté religieuse au sens actuel du terme. Les droits de l’enfants ne sont donc nullement violés par le baptême.











