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Quête d’immortalité : modifier les télomères des chromosomes pour obtenir la “vie éternelle”

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Une équipe de chercheurs de Stanford University vient d’annoncer la découverte d’une nouvelle technique qui permet d’allonger et de renforcer les télomères, les « bouchons » protecteurs situés de part et d’autre des chromosomes dont la dégradation est associée au processus du vieillissement et à la maladie. Helen Blau, professeur de microbiologie et d’immunologie à Stanford et responsable de cette recherche estime que la technique constitue une étape vers la prévention et le traitement de ces maladies du vieillissement. La presse populaire a tôt fait d’annoncer que dans la quête d’immortalité de l’homme, le renforcement des télomères pourrait bien permettre d’arriver un jour à la vie éternelle sur cette terre.
 
Au-delà de ce sensationnalisme certainement prématuré, il ne faut pas négliger le fait que cette quête d’immortalité n’est pas le rêve fou de quelque savant de science fiction. Les transhumanistes la mènent avec le plus grand sérieux, et les grands noms des nouvelles technologies, tels Google, investissent dans les entreprises qui visent à « augmenter » l’homme. La « vie éternelle » qu’ils recherchent n’est pas celle du paradis : c’est la vie terrestre. Échapper à la condamnation qui pèse sur l’homme depuis le péché originel, mais par le bas.
 

Modifier l’ARN pour allonger les télomères – et la vie ?

 
A Stanford, les chercheurs ont pour objectif de trouver des remèdes à des souffrances liées au vieillissement : c’est en tout cas le but qu’ils affirment poursuivre. En utilisant de l’ARN modifié – le « messager » qui porte les instructions depuis l’ADN de la cellule vers ses « usines de production » de protéines – ils ont réussi à augmenter dans des cellules de peau « l’expression » de la télomérase que l’on trouve généralement en fortes quantités dans les cellules souches et les gamètes, qui doivent rester « en bonne forme » : les cellules ordinaires ont présenté dès lors des télomères allongés de quelque 10% et renforcés, qui leur permettent de se multiplier de manière rapide sans se dégrader. En pratique, les télomères ont été comme « rajeunis ».
 

L’immortalité n’est pas pour demain – mais on cherche les chromosomes de la vie éternelle

 
Cerise sur le gâteau, le délai de modification des télomères est temporaire et réversible : dans le cas contraire, le risque cancérogène serait évident. « Notre technique ne provoque pas de rejet immunologique. Les méthodes actuelles d’extension transitoire des télomères ont une action lente, alors que notre méthode n’agit que pendant quelques jours, mais cela permet de renverser le raccourcissement des télomères qu’on observe en dix ans de vieillissement normal », note John Ramunas, membre de l’équipe. Et d’avoir accès à des sources fortement augmentées de cellules pour les tests en laboratoire.
 
Voilà qui offre de l’espoir aux malades souffrant de vieillissement prématuré. Mais la quête d’une « fontaine de jouvence », répondant au rêve humain d’une vie sans souffrance, sans maladie, sans mort affleure dans ces tentatives de « remonter le temps ». La clef de la jeunesse éternelle ?