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Rapport d’étape, homosexuels : synode des médias contre synode des évêques

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Le rapport d’étape sur la première semaine de travaux du synode extraordinaire au Vatican suscite l’enthousiasme des médias, selon l’angle donné dès lundi après-midi par l’AFP : voici que « le synode reconnaît des valeurs positives au mariage civil ». Mieux : l’Eglise et ses évêques se prépareraient à changer sa doctrine sur la famille et considèrerait plus favorablement les couples homosexuels.
 
Le Monde – « journal de référence » – joue sur le même tableau, annonçant qu’« un esprit d’ouverture souffle sur l’Eglise » ce vocabulaire rappelant volontairement l’aggiornamento du concile Vatican II. La journaliste Cécile Chambraud croit savoir que « l’Eglise catholique se prépare à un changement majeur dans son rapport à la famille » : le rapport « à la tonalité très volontariste appelle à réécrire certains chapitres jusqu’à présent considérés comme intangibles ».
 
Les choses, à lire le rapport intermédiaire et surtout à entendre les évêques, ne sont pas aussi simples que le voudrait la journaliste du Monde – mais le problème est que le « volontarisme » de la presse hostile à la doctrine traditionnelle de l’Eglise sur la famille a plus de chances de s’imposer dans le discours commun que la doctrine elle-même.
 

Médias : « Un ton plus positif sur les homosexuels »

 
Comme le dit Le Monde, comme le dit toute la presse de gauche et les télévisions qui saluent « un ton nouveau et plus positif sur les homosexuels » (Nouvel Observateur), il est vrai que le rapport d’étape insiste beaucoup sur l’« accueil » des personnes quelles qu’elles soient : mais cela équivaut-il à une justification de leur manière de vivre   La Croix le comprend bien ainsi : sous la plume de Sébastien Maillard et Nicolas Senèze, le quotidien des évêques parle du nouveau regard sur « ceux considérés jusqu’ici en “situation irrégulière” ».
 
Cette interprétation, bien qu’elle paraisse dans La Croix, est extrêmement aventurée, mais il est vrai que si la presse s’engouffre ainsi dans la brèche ouverte par le rapport, c’est bien qu’il manque de clarté. Les Anglo-Saxons ne sont d’ailleurs pas en reste : la BBC salue carrément une « Victoire du pape François sur la question gay », une « première victoire discrète » par laquelle le pape du « Qui suis-je pour condamner » a « persuadé de nombreux chefs de l’Eglise catholique de modérer leurs propos jusqu’ici fortement critiques à l’égard des unions gays ».
 
Pourtant, si on prend la peine d’ouvrir le rapport d’étape, on n’y lit rien de tel. Oui, le texte présenté à la presse par le cardinal hongrois Peter Erdö parle des « dons » et des « qualités » des personnes homosexuelles, mais cela n’a rien de choquant ni de nouveau, puisque chaque être humain a des dons et des qualités, chacun ses défauts aussi, avec la concupiscence qui résulte du péché originel, et qu’on ne saurait réduire la personne à son attraction sexuelle « intrinsèquement désordonnée ». Cependant le texte est très faible là où il semble bien approuver les unions homosexuelles en ce qu’elles peuvent être le lieu d’un « soutien réciproque jusqu’au sacrifice » et qu’il évoque sans mise au point la présence d’enfants auprès de ces couples.
 

Des évêques dénoncent les ambiguïtés du rapport d’étape

 
Vu l’ambiance, vu la manière ambiguë de la rédaction de ce rapport qui est censée refléter la pensée des pères du synode, vu l’absence de rappels précis du plan de Dieu sur le mariage pour le bien de l’homme et sa rédemption, ce qui domine, c’est bien l’« horizontalité ». Ce que Mgr Anatrella, dans une interview à Zenit, appelle l’approche « sociologique ». Lui qui participe au synode estime même que « le texte préliminaire ne reflète pas du tout la pensée des Pères synodaux ». D’ailleurs, le cardinal Erdö, en présentant le texte, interrogé par les journalistes a suggéré que l’auteur de ces lignes sur les homosexuels etait Mgr Bruno Forte, connu pour son opposition à l’exposé traditionnel de l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité.
 
Il y a donc pour le moins une captation du synode par la frange la plus progressiste des participants, envers et contre la volonté de la majorité, captation qui s’amplifie et se radicalise dans les médias. De même qu’il y a eu un Concile Vatican II et un « Concile des médias » qui a imposé de fait la prédominance d’idées « progressistes » à la faveur d’écrits que chacun pouvait tirer à soi, de même il risque d’y avoir un « synode réel », le synode des pères, et son pendant libéral, le synode des médias, prêts à encourager et encenser la moindre déviation depuis la doctrine traditionnelle de l’Eglise.
 

Le pape François et le synode

 
Qu’en pense le pape François ? Bien sûr, c’est lui qui a ouvert des portes en saluant le « rapport préliminaire » du cardinal Walter Kasper qui avait lancé la bouée de la « communion aux divorcés remariés » ; c’est lui encore qui parle d’aller toujours aux « périphéries » de l’Eglise, « hôpital de campagne » ; lui qui refuse de « juger » les homosexuels. (Ce n’est pas ce qu’on lui demande : juste de dire que l’acte homosexuel conduit à la perdition, et que la miséricorde de Dieu est infinie pour les pécheurs que nous sommes…) Mais il n’a pas pris la parole. Le risque principal, pour l’heure et en attendant la deuxième semaine du synode, puis la longue année qui nous sépare de son deuxième épisode et du rapport définitif qu’il rédigera, c’est que les médias n’exploitent son manque de clarté.
 
Et ce malgré la réalité du synode où la vérité enseignée par l’Eglise s’exprime de manière bien plus nette et plus majoritaire que ne le disent la plupart des médias.