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Le crime du réfrigérateur intelligent

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On le sait, la maison comptera de plus en plus d’objets connectés, fournissant nombre d’informations et pas qu’à ses propriétaires… Mais auriez-vous pensé à votre réfrigérateur ou votre lave-linge ? Ces engins, aussi, seront bientôt utilisés par les enquêteurs et les détectives, s’ils ont été les « témoins » de scène de crimes.
 
C’est ce que prévoient les experts – et le bon sens de tout un chacun.
 

La maison : bientôt le premier témoin des scènes de crimes ?

 
Le monde de « l’Internet des choses » fera interagir tant d’objets que ce « travail intelligent » sera à même de fournir des indices importants voire capitaux pour la police. Il commence d’ailleurs déjà à le faire.
 
Le chef de l’unité numérique, virtuelle et scientifique du Metropolitan Police Service a dit dans The Times : « Les caméras sans fil dans un appareil, comme le réfrigérateur, peuvent enregistrer le mouvement des propriétaires et suspects. Les sonnettes qui se connectent directement aux applications sur le téléphone d’un utilisateur peuvent montrer qui a sonné la porte et le propriétaire ou d’autres peuvent alors à distance donner un accès contrôlé aux locaux pendant qu’ils sont loin de la propriété. »
 
« Tous ces objets laissent un journal de bord, des traces d’activité. La scène du crime de demain va être l’Internet des choses. »
 

« Family Hub » : le premier réfrigérateur intelligent

 
Voyons le tout nouveau réfrigérateur connecté, Family Hub, présenté par Samsung au dernier Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas – le prochain commence dans quelques jours. Il possède trois caméras qui informent en direct de son contenu.
 
Les dates et les heures auxquelles les gens se connectent au réfrigérateur, pourraient fournir des alibis ou prouver que des gens n’étaient pas à l’endroit où ils prétendaient être… Aux enquêteurs, à présent, de faire évoluer leurs outils numériques, pour faire parler de façon systématique et facilitée les puces de ces appareils domestiques quotidiens.

L’affaire Victor Collins : un meurtre « enregistré » ?

 
Seul obstacle pour la police : l’opposition des entreprises qui fabriquent ces gadgets, préoccupées, du moins en façade, par la vie privée de leurs clients…
 
Dernier exemple en date aux Etats-Unis : l’affaire Victor Collins, un meurtre pour lequel la police de l’Arkansas réclamait à la société Amazon l’enregistrement des données d’un assistant à commandes vocales… Victor Collins, ancien officier de police, a été retrouvé mort, noyé, dans le spa de la propriété de son collègue James Bates, en novembre 2015. Un homicide avéré dont le suspect est tout désigné, quoiqu’il n’y ait pas de preuves.
 
Cependant, la maison de James Bates était un « smart home », une maison intelligente usant, entre autres, de l’enceinte connectée « Echo » d’Amazon. Équipée de sept microphones, cette dernière héberge « Alexa », capable de répondre à des questions, coordonner le contrôle des objets connectés dans la maison, comme la musique, le courriel, ou encore opérer des enregistrements… Mais pour ce faire, il faut prononcer, avant, le mot magique « Alexa ».
 
Le système aurait-il pu enregistrer des conversations, la nuit du crime, sans que la demande lui ait été faite ? C’est ce que veut éclaircir le parquet qui vient tout juste d’obtenir le mandat de perquisition auprès du géant Amazon. Une première dans le cadre d’une enquête criminelle.
 
Le cas soulève évidemment les questions devenues classiques concernant l’emprise croissante de la technologie sur la vie privée. L’avocate de la défense a évoqué ces « forces de l’ordre qui se permettent d’utiliser contre nous la technologie qui améliore notre qualité de vie ».
 
Et si, sans être une prospective directe, c’était une merveilleuse aubaine pour le contrôle des uns et des autres ? Nous n’en sommes qu’au début.
 

Clémentine Jallais