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Révolte de migrants dans un centre d’accueil au sud de l’Italie

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Quelque 300 jeunes migrants ont pris le contrôle, lundi, du centre d’accueil pour réfugiés qui les abrite à Reggio Calabria, au sud de l’Italie, pour exiger de meilleures conditions de vie et surtout, leur transfert vers d’autres pays comme l’Allemagne, où ils affirment vouloir rejoindre des proches, amis ou parents. Tous mineurs, les jeunes ont exprimé leur révolte en se barricadant dans les lieux pendant huit heures, empêchant quiconque d’entrer ou de sortir, affirmant qu’ils ne lâcheraient rien tant que leurs revendications ne seraient pas honorées.
 
Le centre de réfugiés, qui abrite près de 350 mineurs, dont certains arrivés depuis un gymnase voisin accueillant tant bien que mal les derniers débarqués au port de Reggio, est installé dans la faculté de droit de l’université des Etudes méditerranéennes.
 
Au cours de l’occupation, une femme travaillant au centre d’accueil a été prise d’un malaise. L’affaire a mobilisé d’importantes forces de l’ordre, qui n’ont pas donné l’assaut : sur place, les fonctionnaires de l’office d’immigration de la préfecture de Reggio Calabria sont venus parler aux jeunes pour « calmer les esprits ». Finalement, les jeunes ont levé leur barricade au bout de huit heures.
 

Un centre d’accueil en Italie pris en otage par des mineurs

 
Ils réclament la possibilité de communiquer avec leurs proches ; ils se plaignent aussi du manque de nourriture, d’eau chaude, de savon, de shampooing, de lits convenables. Mais avant tout, et semble-t-il parfaitement informés, ils cherchent à rejoindre les régions plus riches du nord de l’Italie, ou de préférence l’Allemagne où les perspectives leur semblent meilleures.
 
Les associations locales d’aide aux migrants contestent les plaintes des jeunes migrants, assurant que des quantités suffisantes de nourriture, de vêtements et d’autres produits de première nécessité arrivent en temps et en heure. Un camion assure le ravitaillement avant chaque repas, matin, midi et soir. « C’est une excuse », explique un responsable : « Ils veulent aller à Milan, à Rome, vers le Nord, et ils se plaignent avec le seul objectif être emmené ailleurs. »
 

La révolte des migrants qui veulent aller au nord

 
Une responsable de la préfecture de Reggio Calabria a expliqué que les centres d’accueil n’ont plus de place pour les nouveaux arrivants, et notamment pour les mineurs non accompagnés qui sont nombreux à accoster en Italie. « Il n’y a pas de structures ici en Italie qui soient en mesure d’accueillir de nouveaux mineurs, malgré nos appels répétés à toutes les préfectures d’Italie. Dès l’instant où des places se libèrent, nous cherchons à privilégier les plus jeunes, ceux qui ont entre 11 et 13 ans. Le cas des mineurs non accompagnés est une véritable urgence que nous essayons de gérer le mieux possible », explique-t-elle, se désolant de voir les lieux d’accueil provisoires en abris « définitifs ».
 
C’est qu’on est arrivé à un trop plein. Et dans un contexte où les migrants, même les plus jeunes, revendiquent les « droits » dont l’Union européenne leur a tant répété qu’ils leurs sont dus…
 

Anne Dolhein