Les robots auront capté la « plupart » des emplois d’ici à 2045 selon Moshe Vardi : vers 50 % de chômage et des loisirs infinis ?

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Robot humanoïde bipède conçu pour jouer au tennis de table contre un être humain.

 
Ce sera « le plus grand défi » que l’humanité aura eu à relever au cours de son existence : d’ici à 2045, selon le Pr Moshe Vardi de Rice University aux Etats-Unis, un très grand nombre de tâches aujourd’hui accomplies par les actifs de la classe moyenne seront déléguées aux robots. Le chômage sera endémique – il pourrait toucher plus de 50 % de la population active. Mais le grand défi, selon l’universitaire, sera celui du temps libre : que faire de tout ce temps de loisirs, inédit dans l’histoire ?
 
Moshe Vardi s’exprimait devant l’American Association for the Advancement of Science qui tenait sa réunion annuelle à Washington il y a quelques jours. « Nous approchons du moment où les machines afficheront de meilleurs résultats que les êtres humains pour n’importe quelle tâche, ou presque », a-t-il souligné. Lui-même professeur en ingénierie informatique, il se demande si le développement de la technologie, qui est l’œuvre de l’homme, lui sera en dernière analyse profitable.
 

Les robots capables d’accomplir la plupart des tâches capteront la plupart des emplois

 
La tendance touche un nombre croissant de métiers et d’activités : « Les pharmaciens, les gardiens de prison, les désosseurs de poulets, les baristas occupent tous des emplois que nous pouvons mécaniser », a-t-il observé. « Je crois que la société doit envisager cette question avant qu’elle ne nous tombe dessus : si les machines peuvent faire à peu près n’importe quel travail dont les hommes sont capables, que vont faire les hommes ? »
 
Moshe Vardi a donné l’exemple de la réceptionniste quasi humaine de l’université de Nanyang ; mais aussi celui d’Airbus qui travaille avec le laboratoire Joint Robotics de l’université de Frankfurt au développement d’une technologie robotique humanoïde capable de réaliser des tâches difficiles dans la construction aéronautique. Il s’agit selon Airbus de libérer les employés des tâches les plus dangereuses et les plus laborieuses, pour qu’ils puissent se concentrer sur celles qui ont une « plus haute valeur ».
 

En 2045, avertit Moshe Vardi, l’intelligence artificielle aura créé plus de 50 % de chômage

 
Le Pr Vardi ne croit guère à ces promesses. Il rejette également l’idée que le fait de confier le travail aux robots puisse bénéficier à l’homme en libérant davantage de temps pour les loisirs. « Ce n’est pas une situation désirable. La perspective d’une vie faite uniquement de loisirs n’est pas engageante. A mon sens, ce serait plutôt une dystopie. Je crois que le travail est essentiel au bien-être de l’homme. »
 
Comment trouver un « sens à la vie » après la fin de ce temps où il nous a été dit : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ? » Pour Vardi, la peine biblique frappant le commandement de « dominer la nature » – qui implique le travail de l’homme – est en passe de devenir obsolète alors que les robots développés aujourd’hui dans le cadre de l’intelligence artificielle sont radicalement « différents de tout ce qui a été fait jusqu’à présent ».
 

La civilisation des loisirs ? Une « dystopie » !

 
Ce sont décidément tous les commandements de la Genèse qui sont aujourd’hui sous le feu d’attaques convergentes : depuis les différences entre les sexes, et même entre l’espèce humaine et les animaux, jusqu’à l’ordre de « croître et multiplier » et de « dominer la nature ». Il ne s’agit plus simplement de venir en aide aux hommes en réduisant la pénibilité de leurs efforts, mais d’écarter le plus grand nombre de l’œuvre de transformation de la nature – quitte sans doute à mettre en place un égalisateur « revenu universel ».
 
On le sait, l’oisiveté est la mère de tous les vices. Pas besoin de chercher longtemps pour savoir à qui profite le crime !
 

Anne Dolhein