Royaume-Uni : de l’hostilité anti-islamique au respect de la charia dans les écoles publiques

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Le gouvernement britannique veut traquer l’hostilité anti-islamique au nom de la cohésion sociale. Il a dévoilé lundi une définition de la chose qui ne sera pas légale, mais pratique, assurent les autorités, mais on a affaire à un langage qui est précisément celui du soi-disant antiracisme. Jugez plutôt : ce qui devra être évité, voire dénoncé, ce sont « les stéréotypes liés aux préjugés à l’égard des musulmans ou des personnes perçues comme telles, notamment en raison de leur origine ethnique ou raciale ou de leur apparence, et le fait de les traiter comme un groupe collectif défini par des caractéristiques fixes et négatives, dans le but d’encourager la haine à leur égard, indépendamment de leurs opinions, croyances ou actions réelles en tant qu’individus ».

Dans un premier temps, il était carrément question de poursuivre l’islamophobie, mais ce terme a tout de même été jugé dangereux pour la liberté d’expression. Cela dit, la stratégie travailliste ne garantit rien dans ce domaine : aux termes de la définition imposée par les autorités, il y a un risque évident d’empêcher toute appréciation négative sur l’islam à travers ses fidèles, ou sur une présence islamique croissante au Royaume-Uni.

 

Royaume-Uni : on commence par l’hostilité anti-islamique, on finit par la charia

Sans compter la délation. Bientôt, les écoles, les municipalités et les employeurs seront invités à surveiller les cas d’hostilité à l’égard des musulmans. Qu’elles soient publiques ou privées, ou dans le domaine associatif, les organisations seront également encouragées à adopter la définition proposée, et il est clair qu’il y aura des conséquences concrètes. « Les services d’assistance téléphonique et de signalement devront également déterminer comment cette définition peut s’appliquer à leurs processus, afin de garantir que les incidents d’hostilité envers les musulmans soient correctement identifiés, enregistrés et traités », affirme le document gouvernemental qui met décidément en place un « Big Brother » au service de l’islam.

Tout cela ne fait que s’ajouter à des mesures déjà existantes. Ainsi le respect à l’égard de l’islam a-t-il déjà entraîné des conséquences jusque dans les écoles primaires, puisque des municipalités travaillistes au nord de l’Angleterre viennent d’envoyer des directives aux écoles locales pour que celles-ci sachent éviter l’organisation d’activités jugées blasphématoires par la charia. Elles reprennent les idées de conseils analogues déjà diffusées dans la région en 2022.

Les écoles ont ainsi été averties que les cours d’arts plastiques sont à surveiller de près, étant donné que les images créées par les élèves peuvent être considérées comme idolâtres en islam. Il en va ainsi des dessins du prophète, voire de la représentation de l’être humain – ou même les animaux selon les hadiths – que l’islam juge idolâtres : par égard pour les parents qui adoptent ce point de vue, les professeurs devront s’abstenir de demander de tels dessins à leur classe.

 

Charia dans les écoles publiques primaires : on ne dessinera plus d’êtres humains…

De même, le document rappelle aux écoles que « dans l’islam, la musique est traditionnellement limitée à la voix humaine et aux instruments à percussion non accordables, comme à l’époque du Prophète, où elle n’était utilisée que lors des cérémonies de mariage et sur les champs de bataille ».

Les conseils visent à aider les professeurs à s’adapter aux « sensibilités religieuses » et proposent une grande « flexibilité » dans la prise en compte des différences religieuses. Paru sous le nom de Partager le voyage, les conseils soulignent qu’aux yeux de certains parents musulmans, il peut exister une sensibilité particulière quant à l’enseignement de certains aspects de l’art, de la danse, du théâtre, de la musique, de l’éducation physique, de l’éducation religieuse et de l’éducation sexuelle.

On ne sache pas cependant que les « sensibilités » des parents chrétiens soient particulièrement respectées. Cela est réservé à l’islam, et aux principes de la dhimmitude qui lui sont liés – en théorie, dans les pays d’islam, les non-musulmans (les chrétiens en particulier) paient le tribut qui leur permet d’être tolérés.

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Jeanne Smits